Reservé aux abonnés

Pourquoi la météo ne peut pas prévoir les canicules plus tôt?

Thermomètre en Suisse, lors de la canicule de 2003. | KEYSTONE / LAURENT GILLIERON

Encore! MétéoSuisse l’a annoncé dans son billet du 5 juillet 2022: de fortes canicules feront leur retour en Suisse dès la mi-juillet. La configuration météorologique est semblable à celle de la mi-juin, qui avait pulvérisé plusieurs records de température. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes français s’inquiétaient de la possibilité d’une nouvelle vague de chaleur dès la fin juin. Les prévisionnistes ont toutefois attendu que l’événement se précise avant de communiquer sur cette nouvelle vague de chaleur.

Et pourquoi pas avant? Pour le comprendre, il faut plonger dans les arcanes de la prévision météo. C’est que la météo n’est pas que le résultats de modèles tournant sur des supercalculateurs: elle est surtout affaire d'interprétation des résultats. Nous avons demandé à un météorologue de nous expliquer ce qui nous attend à la mi-juillet, et pourquoi il est si difficile de prévoir longtemps à l’avance les événements climatiques extrêmes.

La vague de chaleur de mi-juillet. Après avoir communiqué sur cette possibilité dès le 5 juillet, MeteoSuisse confirme sa prévision. «Les modèles météo estiment qu’il est très probable que la Suisse connaisse une vague de chaleur dès le 14 ou le 15 juillet, explique Josué Gehring, prévisionniste chez MeteoSuisse. Ils considèrent qu’il est probable qu’elle dure plus de sept jours.»

De nouveaux records seront-ils battus, un mois à peine la dernière vague de chaleur? Pour le spécialiste, «il est encore trop pour le dire».

Canicule: les ingrédients du cocktail. D’un point de vue météorologique, un phénomène semblable à celui de la mi-juin sera en cause, à savoir, une masse d’air chaud et sec qui remonte d’Afrique du Nord, sous l’effet d’une dépression à l’ouest du Portugal. Ce n’est toutefois pas la seule cause que peut trouver une vague de chaleur. «Dans les faits, les canicules sont souvent composites», explique le météorologue. Trois phénomènes météo peuvent être à l’oeuvre, explique-t-il:

  • Du transport (ou advection) d’air chaud d’une autre région du globe,

  • Le maintien d’un anticyclone en place, «à l’origine de ce qu’on appelle parfois dôme de chaleur»

  • Le niveau de sécheresse des sols. «En s’évaporant [d’un sol humide], l’eau absorbe de l’énergie, ce qu’on appelle la chaleur latente, ce qui peut limiter la hausse des températures.»

Si une canicule arrive sur des sols déjà à sec, elle tend donc à se renforcer. Et voici comment une canicule, si elle n’est pas suivie de suffisamment de pluie, peut en préparer une autre…

Reservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous