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Des feux de forêt intenses en Russie et Amérique du Nord

Fôret d'Irkutsk, en Sibérie, actuellement la deuxième région de Russie la plus touchée par les flammes après la République de Sakha | KEYSTONE/AP Russian Emergency Ministry Press Service

Copernicus, le programme européen de collecte de données sur l’état de la Terre, alertait le 6 juillet de la présence depuis deux semaines d’inquiétants incendies dans le Nord-Est de la Russie, dans la République de Sakha, en plus de ceux présents en Sibérie. Son service de surveillance de l’atmosphère (CAMS) rapporte le départ de plusieurs autres feux dans l’hémisphère nord, avec l’apparition d’incendies dévastateurs dans l’Ouest du Canada et des États-Unis, après la vague de chaleur inédite qui a frappé la région à la fin du mois de juin.

Pourquoi c’est grave. Les grands feux de forêts, événements extrêmes, sont de plus en plus fréquents avec le changement climatique. Ils peuvent avoir des effets dévastateurs, tant pour la biodiversité que pour les populations humaines, entre villages rayés de la carte et effets sanitaires de la pollution. Le CMAS est chargé de la mission de surveillance globale des incendies, qu'il effectue en mesurant l’énergie thermique dégagée par ces feux, grâce aux satellites Sentinel.

Le constat dans l’hémisphère nord. Intensifiés par les températures élevées de ces dernières semaines, de nombreux incendies de forêt ont été signalés dans l’Ouest américain, notamment en Colombie-Britannique, au Canada, où des records de température ont été battus fin juin.

D’autres feux ont été signalés aux États-Unis, en lien avec la vague de sécheresse que traversent ces vastes régions. Les plus importants se sont produits en Arizona, au Nouveau-Mexique et en Utah. Si les conditions persistent, les feux pourraient se propager aux régions voisines, signale le CMAS, comme à la Californie, où les habitants se préparent chaque année à un énième retour des flammes. En 2020, l’État avait vu partir près de 500'000 hectares en fumée.

La situation en Russie. Les scientifiques du CAMS estiment qu’au vu de l’intensité des feux constatés ces dernières semaines dans l’Est de la Russie, ils pourraient être aussi violents que les incendies records qui avaient sévi dans la région à la même période en 2019 et 2020. Sur les derniers jours de juin, les niveaux d'énergie thermique des feux de forêts mesurés ont été largement supérieurs à ceux de l’an dernier.

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Energie thermique mesurée pour les feux en Russie orientale en 2019 (orange), 2020 (jaune) et 2021 (rouge) | CAMS/ECMWF

Bien que Mark Parrington, l’expert en feux de forêt au sein du CAMS, avait assuré à Heidi.news en 2020 que l’ensemble des émissions de CO2 dues à cette saison de feux de forêt était en fait en dessous de la moyenne des 20 dernières années, le fait qu’ils se déclarent dans des régions jusqu’alors préservées est très inquiétant, en particulier en ce qui concerne les zones arctiques. Sans le changement climatique, les feux de forêt à des latitudes extrêmes comme la Sibérie auraient été impossible.

L’impact sur la qualité de l’air. Au-delà de leur dangerosité intrinsèque et des destructions matérielles qu’ils provoquent, les incendies de forêt ont d’importantes conséquences en termes de pollution atmosphérique. Les fumées émises présentent un risque grave pour la santé, jusqu’à des milliers de kilomètres des feux. C’est ainsi que l’Ouest américain avait suffoqué en septembre 2020 dans un brouillard orangé, étalé sur plus de 2000 km.

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