Les véhicules hybrides, pas si verts, sur la sellette en Valais

Un véhicule Mitsubishi PHEV (image d'illustration) | Mario Roberto Durán Ortiz/Creative Commons

Les véhicules hybrides — qui embarquent à la fois un moteur thermique et un moteur électrique rechargeable à la prise, connus sous le sigle PHEV (plug-in hybrid electric vehicle), et à distinguer des hybrides où la batterie est rechargée à la décélération du véhicule — sont ils une fausse bonne idée pour le climat? C’est ce que suggère une étude réalisée sur mandat du canton du Valais, par la société Impact Living. Selon celle-ci, ces véhicules consommeraient 230% de plus en situation réelle que ce qui est annoncé par les constructeurs. En réaction à l’étude, l’Etat du Valais a d’ores et déjà coupé les subventions aux PHEV.

Pourquoi c’est problématique. A l’antenne de la RTS, Marc Muller, fondateur d'Impact Living, ne mâchait pas ses mots: «Les véhicules hybrides sont souvent annoncés par les constructeurs comme des véhicules à 1,5 à 2,5 litres aux 100 kilomètres, mais dans la réalité, ils consomment entre 4 et 7 litres, comme des véhicules diesel.» Or, si les PHEV ne sont pas le miracle écologique annoncé, il n’y a pas de raison d’allouer, pour ces derniers, des crédits aux importateurs de véhicules.

Une technologie critiquée ailleurs. Ce type de motorisation a été transposé à de nombreux modèles d’automobiles, notamment afin de pouvoir les vendre sur le marché chinois, où ils entrent dans la catégorie des NEV (New energy vehicle), éligibles aux subventions publiques chinoises.

Or, les PHEV sont de plus en plus critiqués, car ils alourdissent les véhicules… ce qui augmente mathématiquement la puissance à fournir pour les déplacer. Et ce d’autant plus que la motorisation concerne le plus souvent des SUV, soit des véhicules passablement lourds.

Le problème ne concerne pas seulement la Suisse, mais toute l’Europe.

  • En novembre 2020, l’association Transport & Environment (T&E), qui rassemble plusieurs dizaines d’ONG, livrait une étude cinglante, selon laquelle les émissions de CO2 des PHEV étaient, en situation réelle, deux à quatre fois supérieures à celles mesurées en laboratoire.

  • Des tests publiés en France le 19 décembre 2021 par L’Automobile-Magazine montraient aussi l’étendue du problème: dans une série de tests normalisés, la Renault Captur hybride rechargeable consommait 6,3 litres aux 100 km. Elle a toutefois été homologuée pour seulement 1,4 litre aux 100, épinglait Le Monde.

Dans les colonnes du quotidien français, Lionel French Keogh, président de Hyundai France, allait jusqu’à déclarer:

«Cette technologie n’a pas d’avenir. Les coûts d’utilisation ont explosé pour une raison simple : tout dépend de l’usage qui en est fait.»