Les médecines complémentaires seraient «coûteuses», selon santésuisse

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La mobilisation des patients et des praticiens n’aura pas suffi. La Haute autorité de santé française l’a annoncé ce vendredi: elle se prononce contre le remboursement des médicaments homéopathiques dans l’Hexagone.

En Suisse, un rapport récent montre que l’homéopathie serait celle des quatre médecines complémentaires remboursées qui génère le plus de coûts.

Pourquoi on vous en parle.

Dans un article posté sur le site de santésuisse au début de l’année, l’association des assureurs-maladie estime que «l’affirmation généralement répandue» selon laquelle «les traitements alternatifs sont moins coûteux que la médecine conventionnelle» est fausse.

Les prestataires de médecine complémentaire occasionneraient ainsi des coûts de traitement supérieurs à ceux des médecins ne pratiquant que la médecine conventionnelle.

Les thérapies concernées. En Suisse, c’est une votation populaire qui a permis d’inscrire dans les prestations de l’assurance obligatoire de soins (AOS) de la Lamal quatre médecines complémentaires:

  • la médecine traditionnelle chinoise (MTC)

  • l’homéopathie

  • la médecine anthroposophique

  • la phytothérapie

Peu de données existent sur le recours aux médecines complémentaires, mais en excluant la MTC, la phytothérapie serait la médecine complémentaire la plus plébiscitée par les Suisses, devant l’homéopathie puis la médecine anthroposophique.

Quels médecins. Le rapport réalisé sur mandat de santésuisse par le bureau de conseil en économie politique bâlois B,S,S, montre que peu de médecins proposent des prestations de phytothérapie (0,4%). La majorité de ceux offrant des prises en charge non conventionnelle pratique la MTC (4,7%). Un peu moins de 2% des praticiens sont également homéopathes et 0,7% exerceraient la médecine anthroposophique.

Le nombre de ces praticiens, un peu plus représentés en Suisse alémanique, n’a pas augmenté significativement depuis le remboursement de ces thérapies.

Quels coûts. Pour cette analyse, les experts ont considéré les coûts des médecins proposant des médecines complémentaires et les coûts totaux induits incluant les frais de pharmacie, physiothérapie, laboratoire, etc.

Selon les chiffres considérés pour cette analyse :

  • Les remboursements liés aux médecines complémentaires ont augmenté depuis 2012, la composante principale étant l’homéopathie

  • Les coûts totaux générés par les médecins pratiquant les médecins complémentaires sont 11% plus élevés que ceux des autres médecins. Les coûts strictement liés aux médecins sont 22% plus élevés. Ces estimations ont été obtenues en tenant compte des différences de patientèle entre les praticiens (âge, genre, pathologies…).

  • L’introduction du remboursement de ces thérapies par l’AOS aurait causé une augmentation des coûts des médecins par patient, estimée à 8%.

santésuisse considère ainsi dans son article que :

«En matière de facturation, il faudrait donc logiquement dire que les prestations de médecine complémentaires s’ajoutent et ne remplacent pas les prestations de médecine conventionnelle. »

Boris Kaiser, co-auteur de ce rapport souligne toutefois que :

«Les coûts des médecines complémentaires en Suisse seraient de l’ordre de 10 millions de francs par an, ce qui est assez peu, environ 0,3 à 0,4 % des coûts TARMED.»

De quoi, peut-être, rassurer les assureurs…