| | Radar

Les feux en Patagonie aggravés par une espèce de pin importée

Un pompier se bat contre les flammes à Cordoba, en Argentine, le 12 octobre 2020. | Keystone / AP Photo / Nicolas Aguilera

Depuis un mois, le feu fait des ravages au nord de la Patagonie, en Argentine. Dans la province de Chubut, entre 80'000 et 90'000 hectares seraient partis en fumée en seulement quatre jours, faisant écho aux incendies meurtriers qui y avaient eu lieu en mars 2021. Pourtant, la saison estivale ne fait que commencer dans l’hémisphère sud. Autrefois considérés comme rares, ces incendies sont de plus en plus fréquents à cause de l’augmentation de la population dans les zones rurales et du changement climatique qui réchauffe et assèche la région. Mais aussi, une espèce de pin importé, plantée dans les années 1970, constituerait un facteur aggravant, comme le relate National Geographic.

Pourquoi c’est intéressant. Après le déclin de l’industrie de la laine dans les années 1950, le gouvernement local a lancé un vaste programme de reboisement des anciens pâturages destinés à l’élevage des moutons, en faveur de la production du bois. Une monoculture de pins du nord fut sélectionnée pour sa croissance rapide. Or, comme le note la chercheuse en écologie Estela Raffaele, les pins sont davantage inflammables que les essences de bois indigènes et augmentent la fréquence des incendies. Les conifères se servent souvent du feu pour coloniser de nouvelles terres, c’est notamment le cas des cônes du pin de Monterey (pinus radiata) qui s’ouvrent à haute température pour expulser des millions de graines résistantes au feu.

La reforestation est devenue un terme fréquemment brandi dans la lutte contre le changement climatique. Alors que les dirigeants du monde ont adopté un traité lors de la COP26 pour «arrêter et inverser» la déforestation, par exemple via des mesures de reboisement, cet exemple montre que l’origine et la diversité des arbres plantés compte aussi. Et signale en quoi une reforestation non adaptée aux conditions locales, par exemple une monoculture d’une espèce non endémique, pourrait même aggraver des incendies appelés à se multiplier et s’intensifier à cause du changement climatique.

Quinze brasiers auraient déjà commencé à brûler dans trois des cinq provinces de la Patagonie argentine, dont certains menacent d’évacuer les 2000 habitants des villages de Manso et Villegas. Il s’agirait de la destruction la plus importante en vingt ans, poussant les autorités à déclarer l’état d’urgence pendant un an.

link

A lire sur National Geographic (ENG)

Heidi.news sur Telegram, chaque fin de journée, recevez les articles les plus importants.
Inscrivez-vous!