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Les excréments de poissons, un rôle climatique qui se précise

WILDLIFE PHOTOGRAPHER OF THE YEA/TONY WU / WILDLIFE PHOTOGRAPHER OF THE YEAR/EPA/KEYSTONE

Selon une nouvelle étude, 10% du carbone séquestré dans les profondeurs des océans pourrait provenir des fèces des espèces de poissons ciblées par la pêche. Un rôle loin d’être anodin dans le cycle du carbone, donc. Pourtant, ces animaux sont aujourd’hui ignorés des modèles biogéochimiques sur lesquels reposent les modèles climatiques.

Pourquoi on vous en parle. Le rôle du phytoplancton et du zooplancton dans les cycles biologiques et chimiques océaniques est relativement bien connu, mais celui des poissons reste encore mystérieux tant il est difficile d’évaluer leur biomasse: suivant les études, elle serait comprise entre 1 et 50 milliards de tonnes! D’où l’effort — relativement récent — pour mieux cerner le rôle des poissons dans les océans, et notamment leur rôle dans la machine climatique.

Un rôle crucial et méconnu. Comme tout animal, les poissons respirent de l’oxygène —dissout dans l’eau— et exhalent du dioxyde de carbone. Ils se nourrissent aussi de matière organique (du plancton pour les plus petits, d’autres poissons pour les espèces situées plus haut dans la chaine trophique).

Une partie de ce qui est absorbé est rejeté sous forme d’excréments, dont la consistance et la densité les fait couler beaucoup plus rapidement que le plancton mort et les déjections du plancton vivant. D’où une fonction importante dans ce qu’on appelle le puits de carbone océanique, qui joue un rôle essentiel dans la machine climatique en absorbant une grande partie de ce qu’émettent les activités humaines.

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