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Le vélo, cet enjeu des villes du 21e siècle

Ici la Critical Mass de fin mai. | Keystone / Ennio Leanza

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Le Conseil des Etats livrera ce mardi, par communiqué de presse, son point de vue sur la loi sur les voies cyclables. Un projet plébiscité par le peuple en 2018 et porté par le Conseil fédéral au cœur du dispositif national de mobilité douce, notamment dans les milieux urbains ou semi-urbains.

Pourquoi on en parle. Les villes aspirent de plus en plus à être entendues par les gouvernements et experts dès lors qu’il s’agit de lutter pour le climat ou de la nécessité de repenser l’habitat et le vivre-ensemble du futur. En Suisse, trois quarts de la population vivent en ville ou en périphérie urbaine.

La mobilité — plus précisément la réduction du trafic routier individuel — est évidemment un des principaux leviers pour faire face aux défis à venir. Le boom du vélo, notamment électrique, confirme que le paradigme du déplacement est en train de changer. En 2020, année record, les ventes de vélos ont connu une hausse de 24,4% pour atteindre un peu moins de 2,4 milliards de francs, comme on pouvait récemment le lire dans Le Temps.

Tous à vélo, vraiment? C’est le sens de la démarche des «Critical Mass» qui se déroulent le dernier vendredi de chaque mois dans plusieurs villes de Suisse (plusieurs milliers de personnes ce 25 juin à Zurich): réunir des milliers de cyclistes sur la route pour qu’ils atteignent la masse critique par rapport aux voitures. Avec comme objectif de «s’emparer de la route».

Le fait est qu’en dépit du développement indéniable du réseau cyclable en Suisse, les pistes réservées aux vélos sont presque déjà obsolètes à leur inauguration, tant le nombre de pratiquants augmente. C’est par exemple le cas de la Voie Verte qui relie le centre de Genève à Annemasse, en France, et qui ressemble à une autoroute pour deux roues par moment aussi saturée que la chaussée des voitures, et par endroits déjà plus tout à fait adaptée au trafic cycliste.

Ce n’est cependant pas qu’une question de taille, d’interconnexion ou de sécurisation des pistes cyclables. La prévention et la formation des usagers devrait sans doute aussi être placée au cœur des réflexions. Car le comportement, sur la route ou dans les sections leur étant réservées, des cyclistes (mais aussi des gens sur trottinettes ou autres engins à la mode) n’est pas toujours en adéquation non plus avec l’augmentation du trafic de mobilité douce.

L’infrastructure d’abord. La formation et la sensibilisation des voyageurs n’est néanmoins pas l’objet de cette loi sur les voies cyclables. Laquelle vise à améliorer, étendre et connecter le réseau, à le sécuriser et à contraindre les cantons (qui demeurent responsables du déploiement et de l’entretien des pistes) à le faire en suivant une planification claire.

Cet objet avait été plébiscité par 73,6% de la population en 2018. Le Conseil fédéral a approuvé sa mise en œuvre dans son message au Parlement du 19 mai dernier. Aux chambres désormais de se pencher sur le texte de la loi.

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Un suivi interactif des grands indicateurs du dérèglement climatique et de ses solutions.