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Le labo africain: l'IA contre les braconniers, Google au Ghana et l'or vert du cannabis

Saisie de défenses d'éléphant et de nageoires de requin à Hong-Kong | EPA

Chaque semaine, notre correspondant à Dakar Matteo Maillard scrute les initiatives les plus innovantes sur le continent.

L’intelligence artificielle contre les braconniers. Le commerce illicite d’espèces sauvages est l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur la biodiversité. Cornes de rhinocéros, défenses d’éléphant, écailles de pangolin comptent parmi les produits animaliers dont raffolent les Chinois impuissants.

Ce marché illégal, qui vide les savanes africaines, a trouvé refuge sur les réseaux sociaux (EN). Les trafiquants y cachent leurs transactions. Pour réussir à les retrouver parmi la masse de données, une équipe de chercheurs de l’Université d’Helsinki utilise une IA capable de traiter des millions d’images et de sons afin de reconnaître ceux contenant des produits animaliers illégaux.

Du cannabis pour enrichir et soigner l’Afrique? Producteur de la petite plante verte à hauteur de 38'000 tonnes par an, le continent peine à en tirer des revenus, faute de légalisation et régulation du marché. Pourtant neuf pays pourraient sauter le pas à partir de 2023 rapporte Le Monde Afrique (FR): le Zimbabwe, le Nigeria, l’Afrique du Sud, la Zambie, le Maroc, le Malawi, le Ghana, l’Eswatini et le Lesotho. Ce dernier, pionnier en la matière, a dépénalisé le haschich à usage médical en 2008.

Présent sur le continent depuis le XVIe siècle, le cannabis pourrait représenter une manne financière pour l’Afrique car plus robuste et rentable que d’autres cultures. Sa consommation permettrait aussi de soulager les douleurs liées à la tuberculose ou au VIH, alors que les traitements sont encore inaccessibles à de nombreux Africains.

L’Afrique inventive face aux faux médicaments. Des vaccins contre la méningite frelatés au Niger, des pilules contrefaites au Cameroun: le continent est particulièrement vulnérable à l’invasion de faux médicaments. À cause de régulations et de moyens techniques faibles, les Africains sont victimes de 42% des cas de faux médicaments (EN). Ces derniers sont responsables chaque année de 64'000 à 158'000 décès par malaria et de 72'000 à 169'000 morts d’enfants par pneumonie dues à de faux antibiotiques.

Mais des solutions africaines émergent comme True-Spec, un appareil portatif qui utilise l’IA pour analyser la composition des médicaments ou encore mPedigree qui permet au patient de vérifier avec son téléphone l’authenticité du médicament en scannant son code-barre.

Google s’ancre à Accra. Le géant américain vient d’ouvrir son premier laboratoire d’intelligence artificielle en Afrique dans la capitale ghanéenne. L’équipe, composée en grande partie de scientifiques du continent, se penchera sur des problèmes locaux, raconte Le Monde (FR/ABO), la santé, l’agriculture ou la traduction de langues africaines. L’IA pourrait détecter des lésions cancéreuses cutanées comme des feuilles de manioc malades, cartographier des bâtiments ou répondre au biais actuel de la reconnaissance faciale qui repère difficilement les visages noirs (EN).

Des images satellites pour nomade saharien. Avec le réchauffement climatique et la raréfaction des pluies, les nomades du Mali peinent à trouver des points d’eau pour leur troupeau. Grâce à un service de téléphonie, ils peuvent désormais consulter des cartes satellites hyper détaillées (EN) pour se diriger vers le ruisseau et l’oasis les plus proches.

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