Le gaz et le nucléaire labellisés «verts» par l'Union européenne

La centrale électrique au charbon de Scholven, en Allemagne, est en cours de reconstruction à partir du charbon pour devenir une centrale à turbine à gaz à cycle combiné.| AP Photo/Martin Meissner

Depuis des mois, la question divise l’Union européenne. Malgré les protestations d’organisations environnementales et de pays comme l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède, la Commission européenne a adopté mercredi 2 février un «label vert» pour les centrales à gaz et le nucléaire. Celui-ci reconnaîtrait, selon des critères définis, la contribution de ces énergies «à la lutte contre le changement climatique», relate Le Monde. Le but: réduire leurs coûts de financement et les inscrire dans l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. De quoi arranger la France, qui mise largement sa stratégie énergétique sur l’atome, mais aussi l’Allemagne, qui souhaite remplacer ses centrales à charbon par du gaz et du renouvelable.

Pourquoi c’est controversé. Atteindre la neutralité carbone, en inscrivant le nucléaire et un combustible fossile dans le mixte énergétique «vert» de demain? La question peut sembler contradictoire, si bien qu’elle fâche plusieurs ONG environnementales. Contrairement aux énergies renouvelables (comme le solaire, l’éolien ou l’hydraulique), le gaz naturel est une énergie fossile, dont la combustion émet du dioxyde de carbone, et contribue ainsi au réchauffement climatique. Quant au nucléaire, source d’électricité décarbonée, les enjeux liés aux déchets radioactifs et au risque d’accidents demeurent irrésolus.

Pour Bruxelles, le renouvelable, dont la production fluctue en fonction des saisons (avec un rendement plus faible en hiver pour le solaire et l’hydraulique), ne peut pas répondre à lui seul à la demande croissante en énergie. A défaut de réduire la consommation énergétique, la Commission opte pour le gaz et le nucléaire, plus stables et flexibles, pour combler ces lacunes, en les inscrivant sous l’égide de la durabilité.

Ce label est néanmoins soumis à quelques conditions temporelles et technologiques:

  • Pour toute nouvelle centrale nucléaire, un permis de construire devra être obtenu avant 2045. Pour les travaux de rénovation permettant de prolonger la longévité des centrales actuelles, le délai d’autorisation est fixé à 2040.

  • Pour le gaz, un plafond d’émissions de 270g de CO2 par kWh sera fixé pour les centrales obtenant un permis de construire avant la fin 2030, à condition qu’elles aient remplacé leurs infrastructures fortement polluantes.

Ce texte n’est toutefois pas encore gravé dans le marbre, et pourra être abandonné ces quatre prochains moins, si le Parlement européen le rejette par un vote à la majorité simple, ou si le Conseil européen réunit vingt Etats membres s’opposant au projet.

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