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VIDEO - La dérive des continents expliquée par L'Age de glace

Il y a 250 millions d’années, la Terre ne ressemblait en rien à celle que l’on connait aujourd’hui. Les Alpes n’existaient pas, le Léman encore moins. Que s’est-il passé entre-temps? Nos continents, ou plutôt les plaques tectoniques sur lesquelles ils reposent, ont dérivé au fil des années. On vous explique cette théorie dans ce nouvel épisode de PopScience, à l’aide de Scrat mais aussi de Rossana Martini, professeure au département des sciences de la Terre à l’Université de Genève.

Au début, ils n’étaient qu’un. Il fut un temps où l’Amérique du Sud et l’Afrique ne formaient qu’une seule étendue de terre, collée à l’Antarctique et l’Australie, liée à l’Eurasie. La Terre n’avait alors qu’un seul super continent, la Pangée, entouré d’un océan, la Panthalassa. Il y a 200 millions d’années, la Pangée a commencé à se fracturer, explique Rossana Martini:

«La Pangée s’est séparée en deux parties: le bloc au sud porte le nom de Gondwana, le bloc au nord de Laurasie.»

Une fois ce mouvement enclenché, les continents n’ont cessé de dériver, certains se séparant, comme l’Australie: «Il y a 80 millions d’années, chacun de ces blocs s’est fracturé. La fracturation du Gondwana a créé l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Océanie et l’Antarctique, la fracturation de Laurasie a créé l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie».

Conclusion: «On n’est passé d’un super-continent, la Pangée, et d’un super-océan, la Panthalassa, à sept continents et cinq océans.»

Comment on l’explique. La théorie de la dérive des continents n’est pas si ancienne. C’est le scientifique allemand Alfred Wegener qui en est à l’origine, dès 1912. Lors de différentes explorations, il fait plusieurs observations pour avancer son hypothèse, pourtant raillée à l’époque:

Le parallélisme des continents

Wegener a émis l’hypothèse d’une dislocation d’un continent ancien lorsqu’il a observé une continuité entre les Amériques et les côtes ouest de l’Afrique, notamment. Une ancienne chaîne de montagnes a également été notée, dont on en retrouve des vestiges de part et d’autres de l’Atlantique, au Canada et au Groenland mais aussi en Angleterre, en Ecosse et en Irlande.

La répartition de fossiles et de végétaux similaires

«Wegener a constaté que l’on retrouvait des roches identiques, comme les roches basaltiques, sur la côte ouest de l’Afrique du Sud et la côte est de l’Amérique du Sud. On sait que ces roches sont venues du même volcan», détaille Rossana Martini. Les mêmes observations ont été faites sur des fossiles, la preuve «que les continents avaient été liés», permettant le trajet d’animaux terrestre avant la dislocation des continents.

Des traces de glaciations identiques sur plusieurs continents

Bien avant les débuts de la dérive des continents, il y a environ 300 millions d’années, une banquise semblait relier l’Antarctique, l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Inde et l’Australie, qui formaient le Gondwana, lorsque la Pangée s’est divisée en deux parties.

Une théorie certifiée quelques années plus tard. Quatrième observation, qui est venue certifier la théorie de Wegener dans les années 1960: le magnétisme des roches. Au cours de sa vie, la Terre a changé plusieurs fois de pôle magnétique. Ce magnétisme des roches, observable lorsque l’on analyse les couches de sédiments, est l’un des moteurs de la tectoniques des plaques, et aussi la preuve de mouvements antérieurs. Rossana Martini:

«On voit que selon l’orientation des minéraux magnétiques, on peut reconstituer l’orientation des pôles.»

L’origine de ces mouvements. Trois phénomènes naturels ont été identifiés par les scientifiques comme à l’origine des mouvements des plaques tectoniques: les éruptions volcaniques, les séismes et les tsunamis. Ils sont «la preuve que les plaques bougent entre elles», détaille Rossana Martini:

«Si on pouvait replacer sur une carte l'emplacement de ces phénomènes, on verrait qu'ils vont se positionner sur le contour des plaques tectoniques.»

L’avenir de notre Terre. A quoi ressemblera notre planète dans les prochaines années? A court terme, «la Terre telle qu’on la connaît sera toujours la même l’année prochaine, dans 10 ans ou dans 10 millions d’années», même si les continents sont toujours en mouvement.

«L’Afrique s’écarte de l'Amérique du Sud de quatre centimètres par année. La plaque africaine continue de pousser vers le nord-est contre la plaque européenne.»

En revanche, des changements majeurs attendent la Terre dans un futur plus lointain. Avec la reformation d’un super-continent entouré d’un seul océan:

«On sait que, peut-être dans 50 millions d'années, la Méditerranée n'existera plus. Les modèles géodynamiques montrent très bien que dans 200 à 250 millions d'années, on aura de nouveau un super continent. On lui a déjà donné un nom: on l'appelle Pangea Ultima.»