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La COP15 sur la biodiversité a débuté dans l'ombre de Glasgow

Unsplash / Michael Payne

«La COP26 ne doit pas éclipser Kunming», écrit Ma Jun, le directeur de l’Institut des affaires publiques et environnementales de Chine, dans The Guardian. A deux semaines de la 26e conférence sur les changements climatiques, tous les regards sont rivés vers Glasgow, qui accueillera l’événement onusien. Moins médiatisée est la 15e Conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies, qui a débuté en virtuel lundi à Kunming, en Chine. Pourtant, comme l’argumente Ma Jun, régler la crise climatique va de pair avec la conservation de la biodiversité.

«La perte de la biodiversité est une menace tout aussi grave pour l'humanité», ajoute le directeur, avant de rappeler quelques chiffres phares:

«Environ trois-quarts des cultures dépendent des pollinisateurs; trois-quarts de notre eau douce provient de forêts saines; et plus de la moitié de la population mondiale dépend de la nature pour sa subsistance.»

Pourquoi on en parle. En moins de 50 ans, notre planète aura vu le déclin de deux-tiers de ses vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons), selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Jusqu’à un million d’espèces seraient actuellement menacées d’extinction, d’après un rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes). En Suisse, le constat est particulièrement alarmant: plus d’un tiers des espèces de végétaux et d’animaux sont menacées. La cause principale derrière cette chute de la biodiversité est l’activité humaine.

En juin dernier, l’Ipbes et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ont pressé les gouvernements, à l’occasion d’un premier rapport commun, à traiter le climat et la perte de la biodiversité conjointement. Et pour cause: ces crises seraient interconnectées.

Lire aussi: Climat et biodiversité, un seul et même défi selon le Giec

Le directeur de l’Institut des affaires publiques et environnementales conclut:

«Les gouvernements et les sociétés doivent reconnaître que l'humanité et la nature forment une seule communauté avec un avenir commun. (…) Lorsque tous les yeux sont rivés sur la crise climatique, nous ne devons pas oublier le rôle vital de la nature dans l'atténuation, la résilience et l'adaptation climatiques. Etant donné que les écosystèmes sains, y compris les forêts, les zones humides, les mers et les prairies, ont servi d'énormes puits de carbone et contribué à atténuer le changement climatique, il faudrait coordonner les processus des deux COP (COP15 sur la biodiversité et COP26 sur le climat) pour une solution synergique.»

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