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La 5G sème le trouble dans les opérations aériennes

Un 737 Max de Boeing en plein décollage (image d'illustration) | Keystone / EPA / Erik S. Lesser

Après la guerre contre les antennes sur la terre ferme, c’est dans les airs que le nouveau standard de télécommunications 5G nourrit de nouveau la polémique. Aux Etats-Unis, les principaux constructeurs aéronautiques, ainsi que l’administration fédérale américaine de l’aviation, ont récemment fait part de leurs inquiétudes. La 5G commerciale serait susceptible entraîner des interférences avec les radioaltimètres utilisés dans les cockpits. La Suisse et plus largement l’Europe, sont potentiellement concernées également.

Pourquoi le diable est dans les détails. La mise en service de la 5G est attendue de pied ferme par les opérateurs, pressés de rentabiliser les coûteuses licences. En effet, les bandes de fréquences radio sont attribuées au cas par cas, ce qui doit notamment permettre d’éviter les embouteillages sur les ondes. Aux Etats-Unis, la 5G doit ainsi être déployée sur la bande C (3,7 à 4,4 GHz), et plus concrètement sur la bande s’étendant de 3,7 à 3,98 GHz. Les communications des opérations aériennes, elles, transitent théoriquement sur la bande comprise entre 4,2 et 4,4 GHz.

Le soupçon? Que l’écart entre les blocs de fréquences ne soit pas suffisant pour éviter des interférences ponctuelles, et qu’ainsi la 5G puisse perturber les mesures d’altitudes fournies aux pilotes et aux systèmes de bord utilisant l’information du radioaltimètre. Aucun incident n’a encore été détecté, mais la crainte est que tout dysfonctionnement puisse avoir des conséquences désastreuses lors des phases d’atterrissage aux instruments. La commission technique en charge des fréquences radio pour l’aéronautique aux Etats-Unis mettait déjà en garde, en octobre 2020, contre ce risque.

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