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Le congrès mondial pour la nature s'ouvre à Marseille

Les pangolins sont l'un des animaux les plus trafiquées au monde. Il est en danger d'extinction sur la liste rouge de l'UICN pour ses espèces asiatiques | Keystone/EPA/Hugh Kinsella Cunningham

Le congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) aura lieu du 3 au 11 septembre à Marseille. Initialement prévu en 2020 et repoussé à cette année à cause de la pandémie, il est décrit comme «le plus grand événement mondial jamais organisé sur la biodiversité». L’organisation internationale est plus connue pour sa liste rouge des espèces en danger, et depuis peu, sa «liste verte» des espèces dont la situation s’est améliorée.

Pourquoi on en parle. A l’approche de la COP 26 pour le climat et de la COP 15 pour la biodiversité, le congrès permettra d’engager la conversation sur des questions cruciales comme le trafic d’espèces menacées, la déforestation, ou encore l’artificialisation des sols. Dans les faits, certains activistes, comme Extinction Rebellion, entendent déjà peser.

Le congrès rassemblera pas moins de 1300 organisations membres de l’UICN venues de 160 pays, 15’000 experts et 20’000 personnes

A quoi sert-il? Dans les faits, il s’agit surtout d’un prélude à la COP 15. Car le congrès ne sera pas décisif en lui-même: les motions signées ne seront pas des dispositions contraignantes. De nombreux scientifiques seront présents pour passer au peigne fin des sujets qui seront rediscutés pendant la COP, mais les motions qui seront votées pendant le Congrès auront surtout vocation à créer qu’une feuille de route pour les décideurs

La Suisse sera présente. Elle sera représentée par une délégation d’experts de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). Elle participera notamment aux débats sur la protection des forêts et des écosystèmes marins, et à celui sur les risques et le potentiel de la biologie de synthèse, notamment génie génétique, par exemple pour lutter contre des insectes nuisibles ou des espèces envahissantes.

Une opportunité pour la dénonciation. Le congrès se présente comme étant un grand pas pour la biodiversité, mais il est aussi l’occasion de mettre en avant l’opposition sur plusieurs sujets sensibles. Par exemple, à la transformation de 30% de la surface de la planète en aires protégées, ce qui ne plaît pas nécessairement aux peuples autochtones qui habitent ces zones.

Certains pointent déjà du doigt une forme de «greenwashing», comme Extinction Rebellion. Nutella — qui revendique d’utiliser une huile de palme «100% durable» et Veolia sont en effet sponsors officiels de l’événement.

Tableau de bord climat

Un suivi interactif des grands indicateurs du dérèglement climatique et de ses solutions.