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L'environnement au cœur de la Constitution chilienne

Mine de lithium dans le désert de l'Atacama. | Keystone / AP Photo / BHP Billiton Ltd

La crise climatique sera au centre du nouveau Chili. Au terme d’un an de protestations, les Chiliens ont élu en octobre 2020 une assemblée de 155 citoyens, chargée d’une lourde tâche: remplacer l’actuelle Constitution, héritée de la dictature Pinochet. Les constituants ont d’ores et déjà acté que le nouveau texte donnerait toute sa place à «l’urgence climatique et environnementale». L’enjeu est crucial, rappelle le New York Times, pour ce pays qui a construit sa richesse sur l’industrie minière: les gisements de lithium du désert de l’Atacama seront au centre des débats.

Pourquoi c’est important. Le Chili est le deuxième exportateur mondial de lithium, composant essentiel des batteries, derrière l’Australie. Or, l'extraction du lithium se fait par évaporation de saumure, une eau très riche en sels métalliques. Celle-ci est impropre à la consommation, mais le procédé aggrave les problèmes de sécheresse et de réchauffement de la région. Si la saumure n’est pour l’instant pas considérée comme de l’eau par la loi chilienne, la nouvelle Constitution pourrait changer la donne, ce qui empêcherait son utilisation dans les mines.

Les gisements de lithium du désert andin sont d’autant plus convoités qu’un essor sans précédent des voitures électriques est prévu dans les prochaines décennie, transition énergétique oblige. Un des membres de l’Assemblée constituante, la microbiologiste Cristina Dorador, s’en inquiète auprès du New York Times: «Quelqu’un achète une voiture électrique et se sent très bien parce qu’il sauve la planète, mais au même moment un écosystème entier est endommagé. C’est un immense paradoxe.» Un paradoxe que le pays devra résoudre.

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A lire sur le site du New York Times (EN)

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