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L’astucieuse stratégie de certains ours blancs pour survivre à la fonte des banquises

Une ourse polaire et ses deux oursons âgés d'un an, en 2015 | Kristin Laidre/Université de Washington

C’est l’animal totem du changement climatique, celui qu’on se représente perdu sur un iceberg à la dérive et dont on redoute qu’il préfigure notre propre destin. L’ours blanc (Ursus maritimus) est particulièrement vulnérable face au dérèglement climatique qui dégrade son habitat, et notamment la glace de mer dont il dépend pour chasser et assurer sa subsistance. Mais tout n’est peut-être pas perdu: une équipe de recherche a découvert, au sud du Groenland, une nouvelle population d’ursidés, isolée depuis quelques centaines d’années, et qui parvient à survivre sans glace de mer les deux tiers de l’année.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle. Ces ours polaires survivent parce qu’ils ont développé une pratique de chasse à part: lorsque la banquise fait défaut, pour traquer leurs proies, ces derniers se perchent sur les morceaux de glace d’eau douce qui se détachent de la calotte glaciaire. Un comportement jamais observé jusque-là, qui prouve que l’évolution n’est pas la seule à jouer un rôle moteur dans l’adaptation de la faune face aux modifications du climat, et qui pourrait éclairer le futur de l’espèce dans un climat plus chaud.

Il s’agit de la vingtième sous-population recensée pour l’espèce, racontent les chercheurs, qui relatent cette découverte dans la revue Science. Mais pourquoi s’être, en premier lieu, intéressé à cette région du Groenland connue pour sa météo difficile et ses reliefs escarpés? Kristin Laidre, chercheuse au laboratoire de physique appliquée de l'Université de Washington et autrice principale de cette étude, raconte dans un communiqué:

«Nous voulions étudier cette région parce que nous ne savions pas grand-chose sur les ours polaires du sud-est du Groenland, mais nous ne nous attendions pas à y trouver une nouvelle sous-population. Nous savions déjà qu'il y avait des ours dans la région grâce aux archives et aux connaissances indigènes, mais nous ne savions pas à quel point ils étaient uniques.»

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