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EXCLUSIF – La task force scientifique tire sa révérence tout en restant mobilisable

Martin Ackermann, président de la task force scientifique de la Confédération, quittant la salle de presse du Palais fédéral. | Keystone / Peter Klaunzer

La task force scientifique, c’est bientôt fini. Du moins sous sa forme actuelle: elle va sabrer dans son effectif de 70 membres dès l’été, puis assurer une veille épidémiologique en automne. C’est ce qu’a appris Heidi.news après une dizaine d’entretiens. Difficile de délier les langues sur le sujet, car la fin annoncée de l’organe scientifique de l’OFSP ne doit pas être interprétée comme le signal de la fin de l’épidémie. Mais plusieurs membres sont très clairs: ils souhaitent arrêter rapidement.

Pourquoi c’est sensible. La crise sanitaire n’est pas encore terminée, mais la situation actuelle ne nécessite plus un tel effectif. La difficulté, pour la task force, réside dans la manière de tirer sa révérence: tirer la prise d’un coup n’est pas envisageable. D’abord parce que l’épidémie n’est pas finie, mais aussi car elle assure un certain nombre de tâches opérationnelles pour l’OFSP. Un transfert devra donc être planifié entre les deux entités. Une étape délicate pour l’OFSP, qui bénéficie actuellement des services fournis par les scientifiques sans devoir en assumer les coûts.



Qu’est-ce que la task force scientifique Covid-19?

  • La task force scientifique est composée de 70 membres, répartis dans dix groupes d’experts.

  • Depuis le 31 mars 2020, leurs travaux ont permis de publier plus de 80 policy brief et des rapports scientifiques réguliers, ainsi que des évaluations hebdomadaires de la situation épidémiologique.

  • On leur doit également l’application de traçage SwissCovid.



La situation actuelle pour la task force. Après plus d’un an d’activité, la situation globale a changé. Les membres du groupe d’experts ont pris des coups et ont parfois servi de punching-ball politique. Certes, ils ont été critiqués voire ignorés, mais aussi, le plus souvent, écoutés, suivis et médiatisés, parfois à l’extrême. De quoi donner à certains l’envie de passer à autre chose.

Le professeur Didier Trono, responsable du laboratoire de virologie et de génétique de l'EPFL et membre de la task force, décrit:

«Au bout de quinze mois d’existence de la task force, une forme de lassitude peut naître chez certains scientifiques. Il ne faut pas pérenniser cette forme coûte que coûte, car l’existence de la task force a été dictée par les circonstances. On n’en est pas devenu membres pour le plaisir. On l’a fait pour rendre service, pas pour faire une carrière politique ou médiatique. Même si parfois, on a amorti les coups.»

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