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Dix bonnes nouvelles sur le climat annoncées en 2020

Lever de Lune sur le Cervin | Valentin Flauraud/ Keystone

A l'issue d'une année 2020 haute en couleurs, l'équipe de Heidi.news vous propose plusieurs rétrospectives avant d'aborder la nouvelle année. Exceptionnellement, nous vous offrons cet article pour les fêtes, mais n'hésitez pas à nous soutenir en vous abonnant!

L'année 2020 a-t-elle de quoi rendre optimiste face au changement climatique? Au milieu du flot de mauvaises nouvelles de 2020, nous avons listé, de manière non exhaustive, dix raisons importantes de continuer à espérer pour le climat.

Pourquoi c'est important. Les catastrophes climatiques se poursuivent, par exemple les feux de forêts qui ont ravagé l’ouest américain et l’Australie en 2019 et début 2020. Début décembre, l'anniversaire de l'Accord de Paris a mis en évidence le maque d'actions des gouvernements, dont la Suisse. Malgré tout, un certain nombre de bonnes nouvelles étaient au programme cette année, même s’il convient de les nuancer.

L’effet de la pandémie

1. 2,4 milliards de tonnes équivalent CO2 économisées. Jamais une telle chute des émissions de gaz à effet de serre (GES) n'avait été observée en un an depuis le début du XXᵉ siècle. Les confinements et la baisse des activités économiques ont eu un effet direct sur les gaz à effet de serre. Il ne faut pour autant pas crier victoire trop vite: il faudrait atteindre une telle réduction tous les ans pendant les dix prochaines années pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris. Avec la reprise économique en 2021, un rebond des émissions est à craindre.

2. La généralisation du télétravail. Confinement oblige, le télétravail est entré dans le quotidien de bon nombre de travailleurs, réduisant les distances parcourues et donc les émissions de GES des transports. Mais si cette pratique vient à se généraliser, elle devrait entraîner une augmentation des flux de données numériques et le renouvellement du matériel informatique lié à l'installation d'un bureau à domicile. Autant de nouvelles sources d'émissions de CO2 à prendre en compte.

En Suisse

3. La loi sur le CO2. C’est après un marathon semé d’embuches que la révision de la loi sur le CO2 apporte enfin un nouveau cadre législatif aux engagements climatiques suisses. Elle entérine ainsi l’objectif de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le rehaussement de la taxe carbone, les différentes taxes sur l’aviation et la création d’un fonds pour le climat font partie des outils envisagés. Mais, selon l’Académie des sciences (Scnat), ces moyens restent encore insuffisants et les objectifs de la Suisse restent des vœux pieux difficilement atteignables.

4. Le retour des trains de nuits. Disparus progressivement au profit de l’avion, les trains de nuit vont faire leur grand retour dès l’année prochaine. Les CFF ont en effet passé un accord avec les compagnies ferroviaires autrichiennes, allemandes et françaises pour remettre ce mode de transport au goût du jour. Une façon de voyager à travers l’Europe sans risquer le flygskam.

Le cinquième anniversaire de l’accord de Paris

5. Le renforcement des engagements climatiques. De manière général, les engagements climatiques des différents gouvernements sont encore bien trop faibles face à la crise climatique, comme le rappelait le directeur général de l’ONU Antonio Guterres. Mais plusieurs progrès se profilent. Par exemple, le Canada va relever sa taxe carbone et apporter 15 milliards de dollars canadiens pour financer sa transition énergétique. L’Union Européenne, elle, a relevé son objectif de diminution des émissions carbone, le passant de -40% à -55% par rapport à 1990. Reste à savoir si ces engagements seront applicables, la taxe canadienne connaissant une forte résistance au niveau national. Quant à Europe, elle devra compter sur la forte dépendance aux énergies fossiles des pays de l’Est.

6. La Chine vise 2060 pour la fin du charbon. Parmi les plus gros émetteurs de GES au monde, la Chine a pris le monde de court en annonçant en septembre vouloir atteindre le zéro carbone d’ici 2060. Un engagement d’autant plus important qu’il implique la fin de l’utilisation du charbon, principale source d’énergie encore actuellement du pays. La Chine pèse 28% des émissions mondiales, ce qui pourrait être décisif dans la réalisation des objectifs de l’accord de Paris.

7. Les Etats-Unis de retour dans l'accord de Paris. A peine sortis et déjà de retour? Le réengagement du second plus grand émetteur mondial de GES est en tout cas l’une des promesses de Joe Biden, fraîchement confirmé 46ème Président américain. Pour renforcer son action climatique, le futur locataire de la Maison Blanche a nommé John Kerry émissaire spécial pour le climat en novembre dernier.

Energie et technologie

8. La chute du prix du photovoltaïque. En 10 ans, l’énergie photovoltaïque a perdu 89% de son coût, passant de 359 dollars américains le MWh en 2009 à 40 dollars selon une récente analyse de Our world in data. Une chute spectaculaire qui devrait permettre d’accélérer la transition énergétique, notamment en Suisse où le photovoltaïque est attendu comme principal remplaçant du nucléaire.

9. Apple net carbone en 2030. Fin juillet, Apple annonçait vouloir atteindre la neutralité carbone d’ici la fin de la décennie. La compagnie, encore émettrice de près de 25 millions de tonnes équivalent CO2 en 2019, produit déjà l’essentiel de son électricité à l’aide de sources renouvelables. La prochaine étape de son plan climatique est d’inciter ses fournisseurs à faire de même et à améliorer la recyclabilité de ses produits.

Recherche

10. On peut ralentir le réchauffement dès maintenant. Une nouvelle modélisation climatique est venue confirmer ce que les climatologues remarquaient déjà sur le terrain: une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre peut diviser par trois ou quatre la vitesse du réchauffement climatique, même à court terme.