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Dioxine, novitchok, polonium: dans l'armoire à poisons du Kremlin

Cathédrale Saint-Basile sur la place rouge à Moscou. Elle fait face au Kremlin, siège du gouvernement russe. | Pixabay / Azazelok

Difficile à tracer, souvent efficace, et terrifiant. L’empoisonnement a toujours été une méthode d’assassinat prisée, de Néron à l’affaire des Poisons sous Louis XIV. Mais dans la période moderne, ce sont surtout les services de renseignements soviétiques et post-soviétiques qui se sont distingués par leur amour des agents toxiques. Ouvrons la mallette à poisons.

Pourquoi on en parle. Début mars 2022, l’oligarque russe Roman Abramovitch, propriétaire du Chelsea Football Club et réputé proche du Kremlin, ainsi que deux négociateurs ukrainiens, dont le député de la Rada Rustem Umerov, se sont rencontrés près de Kiev en vue de préparer des pourparlers avec Moscou.

Dans la nuit du 3 au 4 mars, alors qu’ils n’avaient consommé que de l’eau et du chocolat dans les heures précédentes, les trois hommes ont souffert de symptômes évoquant un empoisonnement: une inflammation de la peau et des yeux, et une vive douleur dans les yeux, avant que les symptômes ne disparaissent au petit matin.

Aucune certitude n’existe quant au mode opératoire. Il n’y a pas eu d’analyse de laboratoire, et il n’est même pas certain qu’une substance biologique soit en cause. Mais l’information, révélée par Bellingcat et le Wall Street Journal, a ravivé le spectre des empoisonnements venus de l’Est, longue tradition héritée du KGB et des services des pays ex-communistes. Comme le montrent les cinq histoires ci-dessous.

Un petit bout de parapluie

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Photo non datée de Georgi Markov, fournie par la BBC. | Keystone / AP BBC

  • Qui est ciblé? Le dissident bulgare Georgi Markov.

  • Où? En 1978 à Londres, sur le pont Waterloo.

  • Comment? Ricine, injectée en sous-cutané via un parapluie.

  • Quel résultat? Décès.

C’est l’affaire emblématique, dite du «parapluie bulgare», qui a porté à la connaissance du grand public les méthodes d’assassinat des services de l’Est. L’écrivain, journaliste et dissident bulgare Georgi Markov, 49 ans, était en chemin pour se rendre à la BBC, où il travaillait, lorsqu’il a été bousculé par un inconnu et a ressenti une vive douleur au mollet. Trois jours plus tard, il décède de septicémie, une infection généralisée du sang.

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