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Derrière le bouton rouge: la décision nucléaire n'est pas aussi rationnelle qu'on le croit

Unsplash / Laurentiu Morario

Derrière le bouton rouge, une boîte noire et des peurs bleues. Depuis des décennies, les stratèges s’escriment à penser la dissuasion nucléaire de façon rationnelle. Mais derrière la décision d’ouvrir le feu nucléaire se trouvent des êtres humains, avec leurs intuitions et leur complexité. Un rapport publié en mars 2022 par Chatham House, think tank en relations internationales basé à Londres, vient mettre un peu de piment dans cette vision. Nous avons invité Yasmin Afina, chercheuse en sécurité internationale et co-autrice du rapport, à nous en parler.

Pourquoi c’est intéressant. Le débat sur les armes nucléaires tend à se structurer autour de deux positions: c’est un «mal à bannir», d’où la nécessité du désarmement, ou c’est un «mal nécessaire», dans l’optique de la stabilité mondiale. Depuis deux ans, sur l’impulsion de l’experte en sécurité Patricia Lewis, des analystes de Chatham House s’emploient à redéfinir la question comme un problème «vicieux», dont les termes même font l’objet d’un désaccord irréductible. De quoi renouveler le cadre classique de la dissuasion nucléaire, hérité de la Guerre froide.

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Yasmin Afina est chercheuse en sécurité internationale à Chatham House et doctorante en droit à l'Université d'Essex. | Courtoisie

Heidi.news – Votre travail a notamment pour objet de montrer que la rationalité joue un rôle limité dans la prise de décision nucléaire. Que peut-on en dire?
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