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La politique climatique de la Banque nationale suisse se ringardise

A Glasgow, le chancelier de l’Échiquier britannique Rishi Sunak a ringardisé la politique climatique de la Banque nationale suisse. / Keystone/ Alberto Pezzali

L’ONG Reclaim Finance publie un rapport sur les investissements non durables des banques centrales. Il en ressort que la Banque nationale suisse (BNS) supporte des industries fortement émettrices de gaz à effet de serre via l’achat d’actions ou d’obligations. Et si elle exclut les mines de charbon depuis décembre 2020, la BNS peut toutefois financer les entreprises qui vendent ou consomment de la houille, contrairement à la Banque d’Angleterre.

Opaques, les placements de la BNS n’excluent pas les autres combustibles fossiles comme le pétrole. Les observations de Reclaim Finance sont cohérentes avec celles d’autres rapports récents comme celui de Positive Money ou d’Oil Change international, qui mettent la BNS en queue de peloton européen.

Pourquoi les banques centrales sont concernées. Après ceux des banques commerciales, ce sont les investissements fortement émetteurs de CO2 des banques centrales qui sont passés au crible. Avec une différence importante: ces dernières ont un rôle dans la défense de l’intérêt général. Elles l’ont compris et ont créé en 2017 le Network for Greening the Financial System rejoint par une centaine de banques centrales dont la BNS en 2019. Certaines étaient aussi présentes pour la première fois à la récente COP26 à Glasgow.

Leur prise de conscience tarde cependant à se traduire en action. Membre de la Direction générale de la BNS, Andrea Maechler affirmait récemment que le mandat de la BNS n’est pas de rendre le monde plus vert...

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