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Aux États-Unis, les discriminations raciales et sexistes gâchent la vie des postdoctorants

Aux Etats-Unis, mieux vaut s'appeler Bradley Miller que Maria Rodriguez pour décrocher un post-doctorat |Creative Commons

Cet article fait partie de notre dossier sur la grève des femmes, qui sera enrichi au fil de la journée du 14 juin.

À compétences académiques égales, qui a le plus de chances d’être recruter pour un post-doctorat aux Etats-Unis: un homme, un homme dont le nom a des consonances étrangères, ou une femme? Les discriminations sexistes et raciales s’appliquent aussi à ce niveau de recrutement académique, révèle une nouvelle étude, que relaye la revue Science.

Pourquoi s’être intéressé au recrutement post-doctoral? Selon les auteurs, il s’agit d’une période critique où il n’y a pas vraiment de contrôle extérieur. Contrairement au recrutement de professeurs, ou d’étudiants, les recruteurs procèdent seuls, sans devoir en référer à un comité extérieur.

Dans leur étude, les chercheurs expliquent comment ils ont demandé à 251 membres de facultés scientifiques dans 8 universités américaines d’évaluer plusieurs CV de post-doctorants potentiels, sur lesquels le nom avait été modifié afin de représenter les deux genres, ainsi que différentes origines ethniques: asiatique, noir, latino, blanc.

Quels résultats?

  • Le biais de genre dépend du domaine scientifique considéré: en biologie, les prénoms masculins et féminins étaient vus comme aussi compétents, alors qu’en physique, les recruteurs préféraient systématiquement les candidats hommes.

  • Le biais racial, lui, était présent dans toutes les disciplines: les personnes blanches ou d’origine asiatique sont privilégiées par rapport aux personnes noires.

Les perspectives. Les universités, lieux de fabrique de la science où l’on se prévaut d’une certaine objectivité intellectuelle, ont donc encore du pain sur la planche en matière d’égalité. Aux États-Unis, comme en Suisse, comme ailleurs.

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Lire l'article publié sur le site de Science (EN)

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