Une «ferme des morts», dédiée à l'étude des cadavres humains, pourrait voir le jour au Royaume-Uni

Des experts en sciences forensiques exhument un crâne dans un cimetière en Bosnie-Herzégovine | AMEL EMRIC / EPA / Keystone

L’idée fait froid dans le dos, et pourtant: l’étude de la décomposition des morts humains pourrait faire progresser la médecine légale. Après les États-Unis en 1981 et les Pays-Bas — premier pays d’Europe à se doter de telles installations en 2017 —, c’est au tour du Royaume-Uni de se doter d’une «ferme des morts». Selon Nature, le site aurait déjà été sélectionné.

Pourquoi c’est controversé. Pour ses partisans, cette “ferme des morts” aiderait à résoudre certaines enquêtes criminelles en disposant d’informations plus précises. Mais pour ses détracteurs, il est aujourd’hui amplement suffisant de réaliser ce genre d’étude sur l’animal.

Interrogée par Nature, Sue Black, une anthropologue à l’université de Lancaster, confie son désarroi:

“Mon malaise s'accentue lorsque je suis invité à visiter l'un de ces lieux comme s'il s'agissait d'une attraction touristique.”

À quoi ça sert? Une “ferme des morts” est un site où les spécialistes des sciences forensiques peuvent étudier la décomposition d’un corps humain en milieu naturel, enterré ou en surface. Car la décomposition des os et des tissus humains varie selon les latitudes, en fonction des caractéristiques physico-chimiques du sol ou des conditions climatiques. On parle de “taphonomie” pour cette discipline qui étudie tous les processus qui interviennent de la mort jusqu’à la fossilisation d’un organisme.

Les questions légales. Les “fermes” utilisent à des corps légués à la science. Le site de recherches devra être approuvé par le Human Tissue Authority, un organisme public du ministère de la Santé britannique.

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Lire l'article de Nature (EN)