A Abidjan, la COP15 sème des solutions contre la désertification

Deux enfants passent devant le lit asséché de la rivière Jialing qui longe la municipalité de Chongqing, en Chine.| KEYSTONE/AP COLOR CHINA

La COP15 contre la désertification s’ouvre ce lundi à Abidjan, en Côte d’Ivoire. C’est la première fois que l’Afrique, gravement touchée par la sècheresse, accueille cette rencontre onusienne sur son sol. Jusqu’au 20 mai, des dirigeants de 197 pays chercheront ainsi des pistes d’actions concrètes pour freiner la dégradation des terres et ses conséquences néfastes pour la biodiversité et les populations locales à travers le monde.

L’heure sera donc aux solutions, et cela tombe bien, car le continent africain est un terroir propice aux initiatives: depuis 2007, l’Union africaine pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification entreprend déjà le projet colossal de la Grande Muraille verte qui vise à restaurer cent millions d’hectares de terres arides sur une bande de 8000 kilomètres du Sénégal à Djibouti.

Pourquoi on en parle. Dans le rapport du Global Outlook Land, paru le 27 avril dernier, l’ONU estime que 40% des terres sont dégradées dans le monde, ce qui affecte la moitié de l’humanité. L’agriculture intensive est particulièrement pointée du doigt — le système alimentaire étant responsable de près de 90% de la déforestation mondiale, selon l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La Suisse est aussi concernée: ces cinq dernières années, l’équivalent de trois fois la superficie du pays a été défriché à l’étranger pour satisfaire la consommation helvétique pour seulement huit matières premières (cacao, café, noix de coco, soja, huile de palme, pâte à papier, canne à sucre et bois).

A la fin avril, l’humanité a franchi une sixième limite planétaire (sur neuf), celle de l’«eau verte» — soit l’eau présente dans les sols pour les plantes. Ce stress hydrique, accentué par le réchauffement du climat, pourrait, à terme, transformer des forêts primaires — comme l’Amazonie — en savanes. Sècheresses, tempêtes de sable, incendies de forêt… le dérèglement climatique ne fait qu’accentuer cette tendance et constituera un thème phare pour cette 15ème Conférence des parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).

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