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Le mercure qui pollue les océans ne vient pas seulement des pluies

Image d'illustration | Pixabay / MartinStr

Une étude internationale dirigée par l’université de Bâle, a démontré que, contrairement à ce que l’on croyait jusqu’à présent, 50% du mercure qui se trouve dans les océans est directement «respiré» par l’eau sous forme gazeuse. La pluie n’est donc pas la principale responsable de la pollution au mercure du monde marin. C’est ce que montre l’analyse des signatures isotopiques du mercure gazeux présent dans l’océan et de celui transporté par les pluies.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle. Ces résultats sont importants pour mieux comprendre la pollution au mercure des poissons que nous consommons. Il en découle que la part du mercure transportée par les eaux de pluie a longtemps été surestimée. De même que la quantité de mercure effectivement absorbée par les océans! Une bonne nouvelle, explique Martin Jiskra, de l’Université de Bâle et premier auteur de l’étude, dans CQFD, sur la RTS. Il explique que réduire les émissions industrielles de mercure aura un effet plus rapide sur le mercure gazeux dissous dans les océans — qui se retrouve ensuite dans nos assiettes — que sur la pollution au mercure des pluies.

L’autre bonne nouvelle. Moins de mercure océanique que prévu vient donc des pluies. Le mercure des pluies est donc plus largement stocké par les végétaux. Or, cela peut paraitre contre intuitif, mais le mercure stocké sur terre est moins dangereux que lors qu’il est en mer. En cause, le phénomène de «bioamplification», par lequel la concentration en mercure augmente le long de la chaîne alimentaire du vivant. Or, en milieu marin, et où les bactéries marines et le phytoplancton transforment le mercure en méthylmercure, la forme du mercure la plus toxique, rapporte Sciences et Avenir.

Le mercure dans l’assiette. L’humain est principalement exposé au mercure par la consommation de poisson, particulièrement les grands carnivores comme le thon ou l’espadon. Dans CQFD, Martin Jiskra illustre qu’un thon rouge d’environ 200 kg peut accumuler autant de mercure que tout ce que l’on trouve dans une quantité d’eau de mer équivalente au lac de Bienne.

La suite. Il est donc crucial de réduire drastiquement les émissions de mercure, d’autant plus que les effets du changement climatique sur la production de méthylmercure ne sont pas encore connus. La théorie est peu encourageante étant donné que plus les eaux sont chaudes, plus elles sont polluées au mercure. De plus, l’augmentation des températures pourrait libérer des stocks de mercure contenus dans le permafrost.

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