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Viols en RDC: comment rendre une vie normale aux victimes?

Sarah Khenati en mission en RDC (courtoisie).

Sarah Khenati est en charge du dossier «violences sexuelles» en République Démocratique du Congo pour le Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Cette humanitaire, psychologue de formation, était de passage à Genève après une mission de 22 mois dans l’Est du pays, à Goma (Nord-Kivu). L’occasion d’évoquer son travail et la situation sur le terrain, dans un pays où les violences sexuelles sont devenues endémiques. Entretien.

Heidi.news – Vous rentrez juste d’une mission de près de deux ans en RDC. Quelle est la situation actuelle, du point de vue des violences sexuelles?

Sarah Khenati – En RDC, c’est un problème de très longue date. On en a beaucoup parlé dans les années 2000, après les guerres de 96 et 98, où ça se passait clairement sur le champ de bataille. On avait alors une utilisation du viol comme «tactique de guerre». Et depuis ça ne s’est jamais vraiment arrêté. Aujourd’hui, le vrai ennemi c’est la banalisation de l’acte. Plusieurs générations d’enfants ont vu des violences sexuelles commises sur leurs mères, leurs sœurs, leurs grands-mères, et leurs enfants après ça. C’est une violence qui s’est normalisée, et qui pourtant débouche sur un rejet systématique des victimes.

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