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VIDÉO - La vaccination expliquée par l’attaque des Titans 

Vous allez sans doute vous faire vacciner dans les prochains mois contre le Covid-19, si ce n’est pas déjà fait. Ce que va vivre votre corps avec le vaccin, comme avec tous les autres vaccins d’ailleurs, ce n'est rien de moins qu'un entraînement au combat. On vous explique tout ce qu’il va se passer dans ce nouvel épisode de PopScience, à visionner ci-dessus.

Notre système immunitaire est une véritable armée qui garde notre corps comme un temple, tel le bataillon d’exploration face aux Titans. Lorsqu’un pathogène comme le virus Sars-Cov-2 parvient à pénétrer dans notre corps, le combat est lancé.

Des soldats super bien entraînés entrent alors en action, ce sont les lymphocytes, une catégorie de globules blancs. Pour reconnaître puis neutraliser l’ennemi, les lymphocytes sont dotés de récepteurs d’antigènes.

Les antigènes, c’est comme une sorte de sigle ou de tatouage porté par l’ennemi. Chaque pathogène est doté d’un antigène différent. Face à un pathogène spécifique, portant un antigène bien à lui,  le corps doit donc déployer des lymphocytes dotés d’un récepteur tout aussi spécifique.

Si l’ennemi est nouveau, et qu’il n’a jamais été rencontré auparavant, ce qui est le cas du Sars-Cov-2, le système immunitaire va produire tout un éventail de lymphocytes dotés de récepteurs différents, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui fonctionne contre ce nouvel envahisseur.

Une fois la bonne arme trouvée, le système immunitaire va en faire des millions de copies. Dans le même temps, il va produire aussi des lymphocytes mémoire, capables de garder en mémoire pour des années les caractéristiques de l’ennemi, en cas d’attaque future par le même ennemi. Ce sont des sortes de vétérans, ceux qui conservent l’art de la guerre contre les Titans.

C'est quand même super bien foutu. Le seul problème, c'est que ce système de défense est parfois trop lent à se mettre en place. Ce qui arrive parfois au bataillon d'exploitation dans la série, d'ailleurs. Le temps que le corps trouve l’arme efficace, le virus a le temps de faire des milliards de copies de lui-même.

Le système immunitaire se retrouve alors débordé par des hordes de soldats ennemis, et vous tombez malade. D’où l’intérêt d’un vaccin! La vaccination exploite cette incroyable faculté de mémoire de votre système immunitaire.

Elle consiste en effet à lui montrer l’ennemi en avance, afin qu’il déclenche une petite réponse immunitaire et qu’il produise les fameuses cellules mémoire pour se tenir prêt au combat. Ça se passe un peu de la même manière que lorsque la brigade d’entraînement fait ses armes sur des Titans en bois.

Plusieurs types de vaccins. Plus précisément, il s’agit de mettre le système immunitaire en présence de la signature bien spécifique du virus, l’antigène, sans pour autant nous rendre malade. Pour ce faire, plusieurs solutions:

On peut par exemple injecter une version affaiblie du virus.C’est cette méthode qu’a mise au point l’un des  pionniers de la vaccination, Edward Jenner, à la toute fin du 18ème siècle. Il s’appuya sur le fait que les travailleurs laitiers ne contractaient pas la terrible variole, car ils avaient déjà attrapé la variole de la vache, beaucoup moins violente, appelée la vaccine. Ils étaient ainsi «vaccinés»: lorsqu’il rencontrait la variole humaine, leur corps savait immédiatement quelle arme dégainer, car il avait gardé l’ennemi en mémoire.

C’est avec cette méthode que, plus tard, Louis Pasteur développa un vaccin contre le choléra et encore utilisée aujourd’hui pour mettre au point les vaccins contre la tuberculose, la rougeole ou la grippe saisonnière, par exemple. Plusieurs vaccins contre le Covid-19 utilisant cette méthode sont en cours de développement.

Pour vacciner une personne, on peut aussi lui injecter un virus non plus affaibli, mais carrément mort, comme on le fait pour l’hépatite A ou la rage, par exemple.

On peut aussi lui injecter seulement une portion de virus.  Pour le Sars-Cov-2, de nombreuses équipes développent un vaccin utilisant un seul élément du virus: sa fameuse protéine spike, celle qui se colle à nos cellules pour nous infecter. Une fois dans le corps, la protéine, inoffensive en l’état, sera analysée comme «ennemie» et son antigène sera gardé en mémoire, au cas où…

La pandémie a aussi vu émerger un autre type de vaccin, fondé sur une technologie inédite, mais sur laquelle les chercheurs travaillent depuis des années: les vaccins à ARN messagers.

L’ARN, c’est une sorte de photocopie de l’ADN, permettant la synthèse des protéines, et donc le fonctionnement de toute la cellule. Il s’agit là de livrer à votre corps non plus l’ennemi, mais les plans, l’ARN donc, pour fabriquer un composant de l’ennemi, avec toujours le même objectif: déclencher ensuite une réponse immunitaire et la production de cellules mémoire.

C’est sur cette technologie qu’est basé le vaccin de Pfizer Biontech. Si l’on vous inocule ce vaccin, non, votre matériel génétique ne sera pas modifié, vous n’allez pas vous transformer en coronavirus géant ni en un Titan de 15m, vous allez simplement livrer à votre corps les plans de l’ennemi et lui offrir la possibilité de se préparer au combat pour le terrasser.

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