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Vaccins: les autorités sanitaires invitent à la «patience»

Robert Steffen, fondateur du Center for Travel Medicine attend la vaccination contre le coronavirus Covid-19, au centre de vaccination de référence EBPI à Hirschengraben à Zurich, le 4 janvier 2021. | Keystone / Ennio Leanza

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Aujourd’hui mardi 5 janvier a eu lieu le premier point sanitaire de la Confédération de l’année 2021. Les acteurs engagés dans la riposte sanitaire ont fait le point sur la situation épidémique – une stagnation à haut niveau, un variant britannique en embuscade – et sur l’état d’avancement de la vaccination Covid-19. Avec un maître-mot: la patience.

Pourquoi on vous en parle. Depuis l’homologation du vaccin de Pfizer, la Confédération se hâte lentement. Beaucoup de cantons ont commencé à vacciner, mais l’OFSP n’aura pas une vue chiffrée de la situation avant la semaine prochaine. En attendant, des critiques se font jour sur la lenteur helvétique, comparée aux pays les plus diligents comme le Royaume-Uni, les États-Unis ou Israël.

La situation épidémique. D’après Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l’infection à l’OFSP, la situation demeure «une tendance à la stagnation à un haut niveau de circulation virale». Dans le détail, la tendance est à la stagnation ou la baisse dans la plupart des cantons, et en hausse légère dans le bassin lémanique.

Avec un Re de 0,89, l’épidémie demeure en léger reflux mais le niveau demeure préoccupant et l’occupation des soins intensifs reste élevée (71%, soit 428 personnes en Suisse, dont 349 atteintes de Covid-19).

Les souches mutantes. Le variant britannique du Sars-CoV-2, beaucoup plus contagieux que les autres souches, est bien présent en Suisse, encore qu’à un niveau qui reste faible. Les autorités ont dénombré 28 échantillons positifs au variant britannique sur le territoire, dans six cantons (Vaud, Genève, Valais, Saint-Gall, Berne, Zurich). Cela représente pour l’heure moins de 1% des génomes séquencés – mais la situation pourrait évoluer rapidement.

Virginie Masserey:

«On l’a trouvé essentiellement chez des personnes de retour de Grande-Bretagne ou leurs contacts, mais on l’a aussi trouvé chez des personnes sans lien épidémiologique avec la Grand-Bretagne. Donc on peut partir du principe que ce variant est en Suisse et se propage.»

Les services cantonaux mettent l’accent sur ce variant en s’appliquant à faire du contact tracing rétrospectif chez les personnes ayant un lien avec le Royaume-Uni, et ce avec une profondeur accrue (recherche de contacts et des contacts de contacts). Le dispositif de surveillance repose sur deux volets:

  • le dépistage chez les personnes ayant un lien avec le Royaume-Uni (invitées à se signaler comme telles dans les centres de dépistage, afin de recevoir un test PCR plutôt qu’un test antigénique, qui seul permet le séquençage de l’échantillon);

  • le dépistage aléatoire d’un sous-ensemble de la population, réalisé à l’ETH de Zurich, afin de suivre la progression du variant muté au sein de la population générale.

Les campagnes de vaccination. Elles ont commencé dans la plupart des cantons mais cela reste au compte-goutte. Sont concernées pour l’heure les personnes vulnérables, essentiellement en EMS via les équipes mobiles.

Rudolf Hauri, médecin cantonal zougois et président de la conférence des médecins cantonaux, se veut rassurant:

«L’accueil est favorable et la demande de vaccination élevée, y compris dans les équipes médicales.»

La plupart des cantons romands prévoient d’ouvrir les premiers centres de vaccination lundi 11 janvier (Genève et Vaud) ou la semaine d’après.

Lire aussi: Le calendrier des cantons romands pour vacciner contre Covid-19

Reste que les vaccinations démarrent lentement et que l’OFSP ne dispose pas encore de données exploitables sur le nombre de personnes vaccinées. Le premier bilan chiffré ne sera disponible qu’à compter de la semaine prochaine, le temps de déployer un système ad hoc via les prises de rendez-vous en ligne.

Patience, patience. «Il faut faire preuve de patience», adjure Nora Kronig, cheffe de la division internationale et directrice adjointe de l’OFSP. «Il est clair qu’il faudra beaucoup de patience», appuie l’infectiologue zurichois Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les vaccinations.

Un demi-million de doses de vaccin doivent être reçus en janvier, 233'000 ayant déjà été livrées. Un million de doses supplémentaires sont prévues en février, en comptant le vaccin de Moderna –  sous réserve d’une homologation par SwissMedic, normalement imminente.

Le rythme de croisière souhaité de 70'000 vaccinations par jour ne devrait en tout cas pas être atteint avant le deuxième trimestre, dans l’hypothèse la plus favorable. Nora Kronig:

«Les six mois de déploiement [des campagnes vaccinales] sont un calendrier extrêmement ambitieux, mais ils sont possibles.»

Virginie Masserey:

«On part du principe que d’ici début de l’été ou la fin du printemps, on pourra commencer à vacciner tous les adultes qui le souhaitent.»

Il n’est pas prévu de modifier les schémas vaccinaux, en n’utilisant qu’une dose ou en espaçant les doses de plusieurs mois.

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