Un cluster dans une prison américaine dessine les risques du pari de l’immunité collective sans vaccin

Entrée de la prison de Saint-Quentin le 9 juillet 2020 l Keystone/Eric Risberg

Covid-19 a durement frappé la prison d’Etat de San Quentin en Californie. Ces deux derniers mois, 2200 personnes ont été testées positives sur 3260 détenus, et 25 personnes sont décédées. Alors que bien que plus des deux tiers des détenus aient été contaminés, le virus semble toujours en circulation, 60 personnes ayant été testées positives ces deux dernières semaines. Face à cette série de cas et bien que le milieu carcéral ne soit pas idéal pour étudier le phénomène d’immunité collective notamment à cause du surpeuplement, certains experts, relayés par le Los Angeles Times, avertissent: il faudrait bien plus de 50% de personnes exposées au virus pour atteindre une immunité collective, avec un coût très grave en termes de mortalité, en l’absence de vaccin.

Pourquoi on vous en parle. Depuis le début de la crise sanitaire, un discours redondant affirme que rouvrir l’économie permettrait au coronavirus de circuler suffisamment pour qu’un large pourcentage de personnes soient exposées, puis immunisées, permettant une immunité collective (les personnes immunisées protégeant le reste de la population non infectée en interrompant la propagation du virus), et ce, avant même qu’un vaccin soit disponible. Aujourd’hui, tout indique que cette approche par «infection naturelle» est peu réalisable et dangereuse en terme de coûts humains. Ainsi, la Suède a opté pour une approche d’immunité collective au détriment d’un confinement strict. Elle en paie aujourd’hui le prix fort, souligne le Los Angeles Times,  avec un taux de mortalité parmi les plus élevés des pays européens. Et seuls 7% de la population suédoise semblent avoir été exposés au virus, alors que les modèles classiques montrent un début de reflux lorsque 60 à 70% de la population est immunisée.

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