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Traverser l'Atlantique pour panser son cancer du sein et penser l'«après-maladie»

L'équipe de r'Ose Transat débute la traversée de l'Atlantique lundi 4 novembre.

Elles lèveront l’ancre de leur catamaran le 4 novembre à Santa Cruz de Tenerife, dans les îles Canaries, et rejoindront Marin en Martinique dans une vingtaine de jours. A bord, huit femmes, dont six ayant subi l’épreuve du cancer du sein, accompagnées par une médecin et une skipper. Leur projet, baptisé r’Ose Transat, est né au hasard de rencontres et d’une envie commune: réaliser un rêve en traversant l’Atlantique à la voile, sport qui a porté ces femmes durant leur maladie. R’Ose Transat a pour ambition de sensibiliser les pouvoirs publics et l’opinion à la nécessité de continuer le financement de la recherche. Durant leur traversée, elles évoqueront aussi l’après-cancer du sein et leur nouvelle vie.

Pourquoi on vous en parle. Heidi.news a désiré accompagner cette belle aventure humaine en devenant partenaire média de r’Ose Transat. Nous allons suivre l’équipage, dès lundi, avec une chronique de l’instigatrice du projet Elisabeth Thorens-Gaud. Les six navigatrices touchées par la maladie prendront également la plume durant la traversée. Heidi.news vous fera vivre la vie à bord durant les 21 jours que durera la transat.

Le but du projet. R’Ose Transat permet de lever des fonds pour la traversée. Le solde sera utilisé pour que d’autres femmes touchées par le cancer du sein puissent réaliser leurs rêves de navigation. Les objectifs poursuivis sont également humains:

  • donner de l’espoir à celles qui sont en traitement et qui luttent pour leur survie en leur montrant qu’un avenir est possible,

  • aider les femmes a retrouver confiance en elles après la maladie,

  • tenir le cap,

  • encourager les femmes en traitement ou en rémission à continuer le sport, facteur de protection contre les rechutes,

  • sensibiliser au dépistage et mettre en lumière la qualité des soins prodigués par les réseaux établis dans les cantons de Vaud et de Genève,

  • partager une aventure faite de solidarité, de lâcher-prise et de confrontation à ses peurs, ainsi que d’adaptation aux conditions marines et météorologiques,

  • donner de la visibilité à un équipage entièrement féminin dans un monde, la voile, encore très masculin.

La naissance du projet. R’Ose Transat vu par son initiatrice, Elisabeth Thorens-Gaud:

«Il y a toujours un cadeau caché “dans les emmerdes”. Le cadeau? C’est que depuis l’épreuve du cancer, j’ai un appétit plus grand pour la vie. Surtout, j’ai décidé de réaliser un rêve: me lancer dans la traversée de l’Atlantique à la voile avec un équipage féminin. Une réaction assez classique quand on a échappé au pire. Beaucoup de personnes se lancent dans un défi pour prendre du recul ou tenir la mort à distance, même si c’est vain puisque nous allons tous y passer un jour, qu’on le veuille ou non.

R’Ose Transat me permet d’allier ma passion de la voile et de l’écriture. Le projet me permet aussi de mettre des mots sur cette maladie pas cool, qui est heureusement aujourd’hui derrière moi.

Lundi, je prends donc la route des alizés, ces vents réguliers qui permettent de rejoindre les Antilles en partant des Canaries, avec un équipage féminin. Et pas n’importe lequel: sept autres femmes toutes concernées, de près ou de loin, par le cancer du sein.»

L’équipage. Elles sont huit: six navigatrices ayant traversé le cancer du sein, un médecin oncologue et un skipper.

  • Elisabeth Thorens-Gaud: l’enseignante et autrice de 58 ans est à l’origine du projet. Touchée par le cancer du sein en 2016.

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  • Muriel Andrey Favre: c’est le skipper du catamaran. Cette native de Fribourg a découvert la voile lorsqu’elle a déménagé à Genève à l’âge de 13 ans. Avocate de formation, l’aventurière de 52 ans a déjà fait le tour du monde en voilier (durant trois ans) avec son mari et ses deux enfants.

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  • Nicole Strub: cette native de Chambésy est une exploratrice et la seconde sur le bateau. Diplômée d’un master en sciences de l'environnement du King’s College de Londres, elle est maman de deux grands enfants.

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  • Stéphane Couty: détentrice d’un doctorat ès sciences en immunologie des tumeurs, elle a subi la maladie de plein fouet lorsque lui a été diagnostiqué un double cancer du sein en 2013. Née à Paris en 1970 et installée sur les rives du Léman depuis 1984, elle a appris à naviguer en Bretagne dès l’âge de 12 ans.

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  • Caroline Ackermann: l’enseignante fêtera ses 50 ans le 26 décembre. Mariée et maman de deux filles de 15 et 16 ans, elle navigue sur le Léman depuis son enfance. Elle a découvert sa prédisposition génétique au cancer du sein et des ovaires (BRCA1) quand elle avait 38 ans, à l’occasion de la maladie de sa mère. Elle a subi une ablation préventive des ovaires. On lui a diagnostiqué un cancer du sein en juin 2018.

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  • Francesca Argiroffo: cette journaliste de 58 ans travaille pour la radio (RTS). Née à Genève, de parents italiens, elle a beaucoup voyagé. Un cancer du sein in situ lui a été diagnostiqué en 2016.

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  • Carine Clément Wiig: c’est le médecin du bord. Cette Fribourgeoise de 41 ans est gynécologue. Elle s’est formée entre la Suisse et la Norvège, où elle a vécu pendant sept ans.

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  • Nadège Schriber: cette physiothérapeute de 57 ans est spécialisée en lymphologie et traitements des patientes opérées du cancer du sein (elle officie aussi pour les hommes qui touchés par la maladie). Elle a également un diplôme de sophrologie. Engagée dans la rééducation par le mouvement, elle a été touchée à deux reprises par le cancer du sein.

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  • Veronika Bertin: à 59 ans, cette native de Genève vit et travaille en Valais. Mariée et maman de deux enfants adultes, elle est infirmière de profession mais travaille en tant que secrétaire de direction. Suivie depuis l’âge de 30 ans pour des antécédents familiaux, elle s’est vu diagnostiquer un cancer du sein in situ en 2013.

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La traversée. Elle débute lundi 4 novembre et il est possible de la suivre en direct sur le site internet de l’aventure. L’arrivée en Martinique est prévue entre le 28 novembre et le 1er décembre. L’équipage aura alors parcouru 3000 miles nautiques, soit plus de 5500 kilomètres.

L’avis du médecin. Didier Jallut est oncologue et directeur du Réseau lausannois du sein. La pratique du sport étant efficace pour atténuer les effets secondaires des traitements et permettant de diminuer le risque de récidive, il a encouragé Elisabeth Thorens-Gaud dans sa démarche:

«Je suis le premier avec qui elle a partagé son idée. Je ne sais pas encore quelles retombées aura leur projet, mais il est porteur de messages positifs sur ce qui est possible après le cancer. Laissons-les réaliser leur belle et courageuse aventure. Nous verrons tout ce qu’elles en retirerons et ce qu’elles en feront pour les autres.»

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