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Simonetta Sommaruga appelle à soutenir l'OMS «plus que jamais»

Simonetta Sommaruga à l'ouverture de la 73e Assemblée mondiale de la santé, qui se tient les 18 et 19 mai à Genève et dans le monde

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a ouvert la 73e Assemblée mondiale de la santé, sur un appel aux Etats-membres de l’OMS à faire preuve d’unité, à financer durablement l’organisation et à éviter toute action susceptible de «saper» la coopération mondiale. Son intervention intervient dans un contexte de rivalité sino-américaine exacerbée, sur l’épidémie de Covid-19 et le rôle international de Taiwan.

Le soutien de la Suisse à l’OMS. La présidente helvète a assuré l’OMS de son soutien «plein et entier», «aujourd’hui plus que jamais», en mettant l’accent sur un renforcement souhaité du multilatéralisme  et de la solidarité. «Ce dont ils n’ont pas besoin, c’est de voir leur action sapée», a-t-elle ajouté.

Le manque d’unité. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a pour sa part exprimé des regrets quant au manque d’unité internationale et appelé les pays à suivre les recommandations de l’OMS:

«Nous avons entendu beaucoup d’appels à la solidarité mais nous n’avons pas constaté une grande unité dans nos réponses à Covid-19… Les pays ont mis en œuvre des stratégies différentes, parfois contradictoires entre elles, et nous sommes en train de tous en payer le prix. Le résultat, c’est que le virus circule désormais dans le monde entier.»

La réaction suisse. La Suisse a annoncé la mise en place d’une «coalition de pays, qui chacun représentent une région du monde» afin de renforcer le Règlement sanitaire international de 2005. Il s’agit d’aide la communauté de la santé globale à «surmonter les divisions et les fractures afin de mieux protéger nos populations».

Le financement de l’OMS doit évoluer. Par la voix de sa présidente, la Suisse a souligné l’importance d’assurer à l’OMS «une marge de manœuvre financière», afin qu’elle puisse fournir une expertise indépendante sur le long terme. «Est-il raisonnable et juste d’avoir autant d’attentes vis-à-vis de l’OMS alors que son financement est aussi aléatoire?», s’est interrogée Simonetta Sommaruga, en rappelant que 80% du budget de l’organisation reposait sur les contributions volontaires des Etats-membres.

Un plan de sauvetage. Antonio Guterres a demandé aux pays du G20 de travailler d’urgence à un plan de sauvetage «destiné à couvrir au moins 10% du PIB mondial» (soit l’équivalent d’un montant de dix mille milliards de dollars). Il a aussi expressément invité la Banque mondiale, le FMI et les autres institutions financières à renforcer leur contribution. «Nous devons abonder massivement aux ressources destinées à l’aide aux pays en voie de développement», a-t-il déclaré.

Plus généralement, le secrétaire général des Nations unies appelle à une réponse sanitaire coordonnées à l’échelle du monde afin d’aider les pays les plus vulnérables, et de renforcer leurs systèmes de santé.

Economie vs santé, le faux dilemme. «Il n’est pas question de choisir entre réagir aux conséquences sanitaires de la pandémie et réagir à ses conséquences économiques et sociales», a conclu Antonio Guterres. «C’est une fausse alternative: à moins de contrôler la propagation du virus, il sera impossible de remettre sur pied l’économie.»



La version originale de cet article a été publiée sur la plateforme Geneva Solutions. Elle a été traduite de l’anglais par Yvan Pandelé.

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