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Rony Brauman: «Le coronavirus rappelle que, sans Etat, les plus vulnérables sont écrasés»

Rony Brauman lors de son intervention au FIFDH, le 7 mars 2020. | FIFDH / Miguel Bueno

L'édition 2020 du FIFDH (Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève) est annulée pour cause de coronavirus. Qu'à cela ne tienne, Heidi.news couvre sa version 2.0 en ligne avec autant (si ce n'est plus) d'assiduité.

Rony Brauman en a vu d’autres, ce n’est pas le coronavirus qui l’empêchera de participer au FIFDH. L’ancien Président de Médecins sans frontières (MSF) et actuel Directeur d’études au Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (CRASH) de MSF est à Genève pour débattre du droit international humanitaire comme outil de légitimation des guerres.

Covid-19 oblige, nous en avons profité pour parler virus et instrumentalisation du risque sanitaire avec lui. Le médecin français évoque aussi comment le coronavirus affecte notre rapport à l’autre, à celui qui est n’est pas d’ici.

Heidi.news — La situation actuelle vous inquiète-t-elle?

Rony Brauman – Je suis inquiet, non pas à cause du danger vital que la maladie fait courir et qui est tout de même limité, mais à cause des conséquences socio-économiques que le virus provoque: un appauvrissement généralisé et un blocage des ressources vitales. Je pense à toutes ces entreprises qui se retrouvent privées de ressources du jour au lendemain et aux gens qui restent sur le carreau dans des situations économiques dramatiques. Cela rappelle le rôle primordial de l’Etat à une époque où le libéralisme tend à dissoudre son rôle. Sans Etat, les plus vulnérables sont impitoyablement écrasés.

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