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Reportage aux portes de l'Ukraine, où les jeunes Roumains s'arment de solidarité

Au poste-frontière de Siret, l'association Dragoste, nu război achemine des vivres dans les files d'attente, côté ukrainien. | DR / Association Dragoste, nu război

Derrière ses lunettes, les yeux d’Alexandru Onufrei ne sont plus que des fentes. Encore une nuit blanche. A combien en est-il depuis le début de l’attaque russe? Il ne sait pas, il ne compte plus. A Suceava, une ville au nord-est de la Roumanie proche la frontière ukrainienne, le jeune Roumain de 22 ans a créé l’association Dragoste, nu război avec un ami. En quelques jours, la petite organisation a réussi un tour de force. Elle centralise les offres d’hébergement de la ville, assure un service de transport gratuit dans la région et distribue nourriture, cartes SIM et produits d’hygiène aux réfugiés, des deux côtés de la frontière. En Roumanie, les jeunes ont choisi leur camp: l’amour, pas la guerre. Dragoste, nu război.

Pourquoi c’est salutaire. Côté roumain, l’offensive russe a provoqué une vague de solidarité, de la force d’un tsunami. Le nord-est du pays a beau être une des régions les plus pauvres de l’Europe, elle est devenue une terre d’accueil et de transit, sous l’impulsion des autorités et des organisations internationales, des religieux, mais aussi de la société civile et notamment, des étudiants. Autant de petites mains nécessaires à l’accueil et à l’orientation des milliers de personnes en exil, qui transitent par la Roumanie ou décident, plus rarement, d’y rester.

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