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Peut-on être aidé à mourir en Suisse à 23 ans?

Image d'illustration. | Pixabay / Geralt

Qui a le droit d’être aidé à mourir? En Belgique, l’euthanasie d’une femme de 23 ans ravive le débat. Son âge et le fait qu’elle n’était pas en fin de vie, mais victime d’une douleur psychique jugée intolérable, questionnent. En Suisse, la fin de vie n’est pas une condition sine qua non pour avoir accès au suicide assisté. Pourtant, la demande de la jeune femme n’aurait sans doute pas abouti. Difficile à suivre? Heidi.news s’est penché sur la formule suisse du suicide assisté.

En quoi c’est du made in swiss. En matière d'assistance au suicide, le droit suisse n'est qu'un lointain garde-fou. Ce sont surtout les associations, comme Exit, et l’Académie suisse des sciences médicales qui posent le cadre. Après des années de réflexions, de procès et de tensions, le pays a trouvé sa voie, faite de (quasi) consensus et d'une forme d’agilité. Au prix d'un certain manque de lisibilité.

Une décision qui heurte. En Suisse, la grande majorité des suicides assistés sont organisés par des associations, comme Exit et Dignitas. Ce sont elles qui accompagnent les personnes qui souhaitent mourir et qui donnent suite, ou non, à leur demande.

La co-présidente d’Exit Suisse romande, Gabriela Jaunin, a pris connaissance de l’histoire de Shanti de Corte avec beaucoup de surprise. Cette jeune femme belge de 23 a pu recevoir de l’aide pour se donner la mort, alors qu’elle n’était pas en fin de vie. Rescapée des attentats de Bruxelles en 2016, elle souffrait depuis d’intenses douleurs psychiques et avait déjà effectué plusieurs séjours en psychiatrie.

En Suisse, explique Gabriela Jaunin, l’histoire aurait été différente. La jeune femme a eu recours à l’euthanasie active, où le médecin ou un tiers injecte la substance fatale — une pratique punissable dans notre pays. La différence est de taille avec le suicide assisté, où la personne elle-même s’administre le produit. Reste qu’Exit ne «serait jamais intervenue» dans le cadre d’un suicide assisté, poursuit-elle:

«Déjà à cause de l’âge (23 ans, ndlr.). J’ai aidé, il y a quelques années, un jeune de 28 ans qui avait une sclérose en plaques foudroyante, c’était terrible. Bien sûr que ça m’a fait de la peine. Les jeunes qu’on aide sont malades physiquement et extrêmement atteints dans leur autonomie. Je n’ai jamais été confrontée à un profil de ce type. Je trouve incroyable qu’on ait aidé cette jeune femme. Je pense qu’il y avait d’autres possibilités.»

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