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Mondiale ou non, l'épidémie de coronavirus peut toujours être jugulée, jure l'OMS

Tedros Ghebreyesus, directeur de l'OMS | Keystone / Salvatore di Nolfi

Petit pas par petit pas. Alors que la barre des 100 pays vient d’être franchie, l’OMS a admis à demi-mot lundi 9 mars que l’épidémie de Covid-19 avait pris une ampleur mondiale. «Maintenant que le virus a pris pied dans un si grand nombre de pays, la menace de pandémie est devenue très réelle», a déclaré son directeur général Tedros Ghebreyesus. Mais l’organisation se refuse encore à qualifier Covid-19 de pandémie.

Pourquoi l’OMS temporise. Il n’existe plus de définition précise de la phase pandémique à l’OMS, et ses officiels se refusent à utiliser le terme de peur que les pays ne s’engouffrent dans la brèche et relâchent leurs efforts pour enrayer l’épidémie. Il faut dire que le terme est chargé et les enjeux, immenses. L’organisation préfère insister sur la possibilité, encore réelle à ses yeux, d’endiguer la vague mondiale.

Des raisons d’espérer. Si Covid-19 était une pandémie, «ce serait la première pandémie de l’histoire à pouvoir être contrôlée», a martelé le directeur général de l’OMS. Citant deux éléments à l’appui de son affirmation:

  • sur les 18'000 cas de Covid-19 confirmés en Chine à ce jour, plus de 70% ont désormais recouvré la santé et quitté l’hôpital,

  • 90% des cas rapportés dans le monde proviennent de seulement quatre pays: Chine, Italie, Iran et Corée du Sud.

L’OMS a également mis en avant les deux bons élèves que sont la Corée du Sud et Singapour, pour la qualité de leur réponse sanitaire. Le second réussit jusqu’à présent à tenir l’épidémie sous contrôle sur son territoire.

Une question stratégique. Le Dr Michael Ryan, directeur des programmes sanitaires d’urgence de l’OMS, a explicité les réticences de l’organisation:

«Le principe qui sous-tend le concept de pandémie, c’est que la maladie a atteint un point où la propagation d’un pays à l’autre n’est plus évitable.»

La réponse sanitaire à une épidémie peut prendre deux formes stratégiques:

  • l’endiguement consiste à rechercher et isoler les patients infectés et leurs contacts afin d’empêcher à tout prix la transmission du virus.

  • l’atténuation vise à limiter l’impact de la crise sanitaire sur la société, en privilégiant des mesures plus ciblées.

Les stratégies d’endiguement étant très difficiles à mettre en œuvre quand le virus circule de manière active, l’OMS craint que les pays les plus touchés n’abandonnent trop vite leurs efforts en la matière, pénalisant ceux qui sont dans une phase moins avancée.

Michael Ryan:

«Nous n’évitons pas le mot, mais il est important parce que dans le passé, nous avons vu des pays opter pour une pure stratégie d’atténuation de l’épidémie.»

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