Manaus, la métropole à l’immunité collective introuvable

Des soignants à l'hôpital universitaire Getulio Vargas, à Manaus, le 14 janvier 2021. La ville est sous couvre-feu face et fait face à une saturation de ses services de santé. | Keystone / EPA EFE / Raphael Alves

La métropole amazonienne de Manaus (2 millions d’habitants), au Brésil, représente une ville sentinelle pour le suivi de la pandémie, en raison de la circulation extrêmement élevée et non contrôlée de Sars-CoV-2 au sein de son bassin de population. Une équipe de chercheurs brésiliens estime, dans une étude publiée le 15 janvier dans Science, que les trois-quarts (76%) de la population ont été infectés à date d’octobre, sept mois après l’arrivée du virus sur place. Mais en dépit de ce taux d’attaque très élevé, l’épidémie connaît une résurgence importante depuis la mi-décembre. Le site de la NPR s’en fait l’écho, parmi d’autres.

Pourquoi c’est inquiétant. Les modèles classiques prédisent un seuil d’immunité collective à Covid-19, au-delà duquel l’épidémie doit commencer à décliner par manque d’hôtes à infecter, autour des deux-tiers de la population. Manaus fait donc figure de contre-exemple, puisque ce seuil y est largement dépassé. Comme le remarquent deux épidémiologistes écossais dans un commentaire aussi publié dans Science, si ces études sont fiables, cela pourrait indiquer que le seuil est plus haut que prévu ou que l’immunité des personnes infectées a décliné au fil des mois. Une perspective possiblement liée à l’apparition du nouveau variant brésilien, plus contagieux et en progression rapide dans la métropole amazonienne depuis décembre.

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A lire sur le site de la NPR (EN)