| | news

Les étudiants en soins infirmiers massivement mobilisés face au coronavirus

Personnel soignant au CHUV. Photo: Keystone.

Notre nouvelle newsletter gratuite, le Point Coronavirus vient remplacer pour quelques semaines le Point Sciences. Chaque jour, elle vous livrera infos, témoignages et analyses au cœur des hôpitaux. Ce nouveau rendez-vous quotidien donne la parole aux soignants qui se dévouent sur le front du Covid-19.

Nous avions parlé jeudi dernier de la mobilisation des étudiants en médecine de Lausanne. On nous a rappelé à l’ordre: «Et les infirmiers et infirmières?» C’était en effet une négligence. Pour nous décrire l’implication des étudiant.e.s en soins infirmiers, nous avons appelé Jacques Chapuis, directeur de la Haute Ecole de la Santé La Source.

«Tous nos étudiants sont volontaires, et ça, c’est assez génial. Car les infirmiers, c’est de loin le plus gros morceau. Entre La Source et l’HESAV (Haute Ecole de Santé Vaud), il y a 1000 étudiants pouvant être mobilisés.»

Car il est prévu que tout le monde soit mobilisé: les troisièmes années, qui devaient finir leur stage la semaine prochaine, poursuivent l’effort dans leur service. Une cinquantaine de deuxièmes années débutent cette semaine, 200 la suivante. Quand aux premières années, elles devraient rejoindre le front la semaine prochaine. Les années propédeutiques pourraient elles aussi être mobilisées pour des tâches simples, selon la durée de la crise.

Mais l’implication ne se fait pas qu’en première ligne. «Il ne faut pas s’imaginer que l’on va placer nos étudiants que dans les endroits les plus chauds, comme les soins intensifs. Il faut aussi assurer la continuité des soins dans tous les milieux. Les EMS et CMS sont presque déjà à genou, et appellent au secours. On va leur envoyer des étudiants en renfort, car en maintenant les personnes à risque à domicile ou dans les EMS, on protège les soins intensifs, et on évite la catastrophe.» Des étudiant.e.s vont également rejoindre les centres de diagnostic.

L’école de la Source a mis en place une plateforme commune avec l’HESAV pour centraliser les demandes des hôpitaux et des étudiants. Ceux-ci sont répartis en fonction de leur domicile, pour limiter les déplacements en transports en commun. «Pour les hôpitaux où on n’a pas d’étudiants résidant, comme Château-d’Oex, on leur demande de prévoir où ils pourront les héberger. Et pour les étudiants qui ont des personnes fragiles à la maison, on leur propose un logement gratuit à l’École.»

Côté cours, tout le calendrier est réaménagé. «Les cours se suivent en ligne, et bien sûr, on va reconnaître le temps passé sur le terrain comme temps de stage. On libérera comme ça du temps au semestre d’automne pour rattraper les cours. Et ceux qui auront suivi les cours à distance iront eux en stage à ce moment. On va faire en sorte pour qu’il n’y ait aucun allongement des études. Il y a néanmoins des discussions sur les petits boulots que faisaient les étudiants à côté. Là, ils n’ont que leur indemnité de stage, de l’ordre de 400 francs, ce qui est insuffisant. Ils seront engagés à plein, et nous avons demandé à l’État comment reconnaître, sur le plan financier entre autres, le travail rendu.»

Les étudiant.e.s sont pour l’instant engagés pour deux semaines, renouvelables. Mais à en croire Jacques Chapuis, «on en a au moins jusqu’au 15 juin».

Cet article est réservé aux abonnés.

Accédez à tous nos contenus, soutenez une rédaction indépendante.

S'abonner

Recevez chaque jour des actualités thématiques en vous inscrivant à nos newsletters gratuites.

La newsletter qui aborde les enjeux de la sortie de crise selon une thématique différente

Lire aussi