Les Etats-Unis ouvrent la mère des batailles contre big pharma

Les prix des médicaments prescrits ont en moyenne doublé aux Etats-Unis entre 2009 et 2018./AJR/Fran Quigley

Les Etats-Unis sont le seul pays du monde où le prix des médicaments sur ordonnance n’est pas négocié entre les institutions qui remboursent et l’industrie pharmaceutique. C’est peut-être sur le point de changer, selon un article du New York Times. Les démocrates proposent que Medicare, l’organisme qui rembourse les frais de santé de 64 millions d’Américains âgés, puissent négocier le prix d’abord d’une dizaine de médicaments, puis d’étendre cette possibilité à d’autres. Premier lobby des Etats-Unis devant la finance ou le pétrole, l’industrie pharmaceutique combat toute mesure de contrôle des prix depuis des décennies.

Pourquoi cela s’annonce chaud bouillant. Les demandes de commercialisation des nouveaux médicaments sont systématiquement introduites d’abord aux Etats-Unis. En grande partie parce que la liberté des prix permet de fixer un tarif qui servira de base ailleurs. Le lobby de l’industrie pharma a dépensé plus de 5 milliards de dollars depuis 1998 pour maintenir ce statu quo que même Barack Obama n’a pas pu changé.

L’industrie pharmaceutique considère que cette liberté est une condition nécessaire à l’innovation médicale. Mais son résultat est aussi que les médicaments prescrits sont 2,5 fois plus chers aux Etats-Unis que dans les autres pays industrialisés. Même modeste, puisqu’elle ne touche que Medicare et un nombre de médicaments limité seulement à partir de 2026, cette proposition ne manquera pas d’être combattue par big pharma. Reste à savoir si celle-ci a toujours le même levier après le scandale des opiacées.

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