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Le vaccin d’Oxford et AstraZeneca: sûr, modérément efficace, et revu par les pairs

Un chercher de l'Institut Jenner, le centre de vaccinologie d'Oxford. | Keystone / AP / John Cairns

Le candidat vaccin d’Oxford et d’AstraZeneca est l’objet de toutes les attentions depuis l’annonce de ses résultats intérimaires d’efficacité le 23 novembre. Les investigateurs britanniques viennent de publier l’ensemble des données dans la revue médicale The Lancet, ce qui en fait la première équipe à livrer ses résultats de phase 3 complets à la communauté scientifique.

Pourquoi c’est important. Ce vaccin, qui repose sur l’emploi d’adénovirus de chimpanzé, est un candidat facile à stocker et productible en masse. AstraZeneca promet 2 milliards de doses en 2021, dont beaucoup seront destinées aux pays à faible et moyen revenu. Il sera aussi très utilisé en Europe. La Suisse a quant à elle fait l’acquisition de 5,3 millions de doses de ce vaccin, qui devrait être le plus utilisé dans le pays après celui de Moderna.

Dans le détail. Peu de nouveautés réelles depuis l’annonce des résultats dans Heidi.news. Les essais conduits au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud confirment la bonne tolérance du vaccin et témoignent d’une efficacité de 70%, encore à confirmer et inférieure aux vaccins à ARN messager de Moderna et Pfizer.

L’efficacité. Cette analyse intérimaire sur quelque 11'000 volontaires britanniques et brésiliens montre une efficacité modérée à prévenir la survenue de Covid-19 symptomatiques. Estimée à 70%, elle est en réalité comprise entre 55 et 81% si l’on tient compte des incertitudes statistiques.

Mais un mystère demeure: l’écart entre une efficacité estimée à 62% pour le schéma vaccinal classique à deux doses (employé sur 4400 participants), et une efficacité autour de 90% quand la dose initiale est réduite de moitié (sur 1367 participants britanniques).

Ce hiatus a surpris les investigateurs et intrigué la communauté scientifique. D’autant que le schéma à dose réduite provient d’une erreur de contrôle qualité d’AstraZeneca en début d’essai britannique, vite identifiée puis intégrée au protocole. L’équipe se dit en tout cas convaincue qu’il s’agit là d’un véritable effet et non d’un artefact statistique. Reste à le confirmer et l’expliquer.

Lire aussi: Qu’entend-on par un vaccin Covid-19 «efficace»?

Les investigateurs d’Oxford sont les seuls à suivre le nombre d’infections asymptomatiques chez une partie de leurs volontaires, ce qui permet d’avoir une idée de la capacité du vaccin à limiter la circulation virale et donc contrôler l’épidémie. Les premières données suggèrent une efficacité modérée pour limiter les cas asymptomatiques, mais seulement avec le schéma à dose réduite.

La tolérance. Le profil de tolérance du vaccin est tout à fait rassurant. Sur 23'000 volontaires et 175 effets indésirables graves rapportés, deux seulement pourraient être liés au vaccin.

  • Un cas de myélite transverse (maladie auto-immune invalidante) a été rapporté chez une volontaire britannique. Les investigateurs estiment le lien avec le vaccin peu plausible en raison d’une autre maladie auto-immune présente antérieurement, mais ils n’ont pu l’exclure formellement.

  • Une forte fièvre a été relevée chez un participant sud-africain à l’issue de la première injection, qui a disparu en deux jours et a permis de procéder à la deuxième injection. On ignore encore si le volontaire était dans le groupe placebo ou vaccins, et donc si cette réaction peut être attribuée au vaccin.

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