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Le retour à la normale, c'est pour le 6 juin

Ce qu'on peut ou pas faire dès le 6 juin. | OFSP

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La conférence de presse du Conseil fédéral de ce 27 mai était particulièrement attendue. Simonetta Sommaruga, Karin Keller-Sutter et Alain Berset ont présenté la troisième étape du plan de déconfinement. Dès le 6 juin, le pays revient à une situation très proche de la normale avec quelques exceptions. De plus, la situation extraordinaire dans laquelle vit le pays depuis le 16 mars se terminera le 19 juin.

Pourquoi c’est nécessaire. Toute autre décision de la part du Conseil fédéral aurait été surprenante. L’évolution favorable de l’épidémie, toujours en cours, ne justifie plus de maintenir des mesures restrictives massives. Seuls les rassemblements de plus de trente personnes, les manifestations de plus de 300 personnes et les compétitions sportives avec contacts physiques rapprochés demeurent interdits après le 6 juin.

Les mesures en un coup d’œil.

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La présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, s’est dite heureuse de cette évolution:

«A partir du 6 juin, on ne se demandera plus si on a le droit de fêter son anniversaire, d’organiser une partie de jass avec des amis ou de participer à un anniversaire, mais comment le faire en toute sécurité.»

Fin de la situation extraordinaire. En renonçant à la situation extraordinaire dès le 19 juin, le Conseil fédéral se met en retrait. Il ne renonce pas totalement à ses pouvoirs en maintenant la situation particulière au sens de la Loi sur les épidémies. Alain Berset, conseiller fédéral, chef du Département fédéral de l’intérieur (DFI):

«Tant que les critères de la situation particulière sont remplis, on va conserver ce statut. L’épidémie est toujours en cours. Il faut donc que l’on puisse conserver de la flexibilité si l’épidémie devait reprendre pour agir rapidement.»

Cette décision a été saluée par la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC). Ce retour à une situation uniquement particulière permet aux cantons de retrouver la quasi totalité de leurs prérogatives. La situation épidémiologique étant différente d’un canton à l’autre, cela permet aussi aux différentes autorités de mettre en place des mesures de manière plus localisée.

La question des frontières. Dès le 15 juin, la libre circulation sera rétablie avec l’Allemagne, l’Autriche et la France, sans contrôle aux frontières comme prévu. Le Conseil fédéral a également l’intention de rétablir la libre circulation des personnes et la liberté de voyager dans tous les pays de l’espace Schengen à partir du 6 juillet 2020.

La frontière avec l’Italie devrait en revanche demeurer fermée encore quelques temps. Karin Keller-Sutter, conseillère fédérale, cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP):

«L’Italie a annoncé qu’elle allait ouvrir ses frontières dès le 3 juin de manière souveraine, mais sans concertation préalable. La frontière suisse avec l’Italie restera fermée à partir du 3 juin. Une telle ouverture est prématurée. Une coordination préalable est nécessaire notamment avec les autorités tessinoises.»

L’emploi. Dès le 8 juin, il sera à nouveau possible d’engager des employés provenant de l’Union européenne et de l’AELE. L’engagement des employés provenant d’états tiers sera également possible. Cette ouverture du marché du travail est assortie de l’obligation d’annoncer à nouveau les postes vacants. Cette mesure est destinée à favoriser les demandeurs d’emploi vivant en Suisse.

Ce qui reste interdit. Les manifestations de plus de 1000 personnes restent interdites jusqu’à la fin du mois d’août. De plus, le Conseil fédéral aimerait que, partout où c’est possible, le télétravail demeure la norme.

La suite. De nouvelles mesures d’assouplissement seront présentées le 24 juin. D’ici là, il s’agit de contrôler l’évolution de l’épidémie. La stratégie pour maintenir la propagation de l’épidémie à des niveaux aussi bas que possible consiste à retracer la chaîne de transmission du virus.

D’un côté, il y a le travail des cantons qui consiste à retracer les contacts de personnes infectées. De l’autre, il y aura dès le mois de juin l’application de contact tracing SwissCovid. Ces deux outils devraient permettre à la Confédération de gérer l’épidémie.

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