Le leader des vaccins ARN BioNTech parie sur l’intelligence artificielle

fabrication de vaccin à ARN messager chez BioNTech à Mayence. | Heidi.news / FD

Dans la course au premier vaccin ARN contre le cancer, la biotech allemande BioNTech, en retard sur son concurrent américain Moderna, vient de dévoiler un investissement de taille.

D’après Bloomberg, l’entreprise allemande de biotechnologie — à l’origine du premier vaccin ARN sur le marché, en partenariat avec Pfizer — vient de conclure un accord pour racheter InstaDeep, la pépite britannique de l’intelligence artificielle. Montant total du deal: 562 millions de livres sterling, un peu plus de 600 millions de francs.

La technologie de l’ARN messager, derrière les premiers vaccins Covid, et celle de l’IA, qui fait le buzz avec les moteurs de langage de type ChatGTP, sont au firmament de l’innovation. Une part majoritaire des investissements dans les biotechnologies comme dans le numérique est captée par ces deux secteurs.

Pourquoi c’est le futur. Le champ des maladies infectieuses n’était au cœur de l’agenda de BioNTech, qui s’est adaptée à la pandémie de Covid et en a tiré de l’ordre de 35 milliards. L’objectif initial de son fondateur, le scientifique turco-allemand Uğur Şahin, était de concevoir des vaccins ARN contre le cancer.

Mais ce projet s’est heurté à plusieurs difficultés:

  • Les tumeurs sont très variables d’un individu à l’autre, à cause de la variété immense de mutations induites par la maladie.

  • Identifier des cibles vaccinales intéressantes, pour permettre au système immunitaire de détruire les cellules cancéreuses, revient à chercher une aiguille dans une botte de foin.

  • C’est dans cette identification des cibles vaccinales que l’IA joue un rôle crucial.

BioNTech construisait déjà un centre dédié à ces analyses basés sur l’IA à côté de son siège, à Mayence. L’entreprise a manifestement décidé d’accélérer la cadence en rachetant InstaDeep, après que son principal concurrent Moderna semble jouer en tête dans la course au vaccin ARN contre le cancer.

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A lire dans Bloomberg (en anglais, accès payant)