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Le Conseil fédéral fait durer le suspens sur les assouplissements du 1er mars

Alain Berset. | Keystone / Peter Klaunzer

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Les assouplissements annoncés par le Conseil fédéral ce mercredi 17 février sont prudents et devraient entrer en vigueur le 1er mars. La décision définitive sera prise le 24 février après consultation avec les cantons. Il devrait être alors possible de visiter un musée, d’étudier dans une bibliothèque, de goûter aux joies du patinage en plein air, d’aller se balader dans un zoo ou de faire des emplettes dans une boutique. Mais il ne sera toujours pas possible d’aller dans un restaurant. Une deuxième étape d’assouplissement est à l’étude et devrait entrer en vigueur le 1er avril.

En plus des assouplissements annoncés ce jour, le Conseil fédéral a annoncé un déficit record pour 2020, de 15,8 milliards de francs.

Pourquoi une telle prudence. Pour expliquer son choix de réouverture prudente et par étapes, le Conseil fédéral avance la nécessité d’ouvrir les lieux où il est possible de porter un masque et de conserver ses distances. Le nombre de personnes dans un lieu et le fait qu’une activité se déroule en extérieur ou en intérieur joue également un rôle.

Guy Parmelin, président de la Confédération a ajouté en début de conférence de presse:

«Lever toutes les mesures d’un coup serait dangereux. Mais nous arrivons au bout du proverbial tunnel.»

Le détail des mesures prévues dès le 1er mars. Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé et de la culture, a expliqué que les propositions du jour étaient mises en consultation avec les cantons. Les décisions définitives seront prises le 24 février. Cette étape concerne en premier lieu les activités présentant un risque limité de contamination.

Le Conseil fédéral explique également que: «Les assouplissements doivent concerner tout le pays et reposer sur des principes simples. Dans un premier temps, la priorité sera donnée aux activités qui permettent le port du masque et le respect des distances. D’autres aspects spécifiques seront aussi pris en compte, comme le nombre de personnes concernées, si l’activité se déroule à l’extérieur ou si elle induit de nombreux déplacements.»

  • Les magasins. Tous les commerces devraient rouvrir le 1er mars. Le nombre de clients présents simultanément dans un magasin ou un centre commercial sera limité.

  • Les musées et bibliothèques. Ces lieux, ainsi que les salles de lecture des archives, pourraient aussi rouvrir. Il faudra alors y porter le masque, respecter les distances et une jauge sera mise en place pour éviter que trop de personnes fréquentent ces lieux en même temps.

  • Loisirs et sport. Les installations de divertissement en extérieur – zoos, jardins botaniques, parcs d’attraction – pourraient rouvrir. Tout comme les installations sportives en extérieur: patinoire, tennis, athlétisme, football, etc. La fréquentation de ces lieux est limitée à 5 personnes et le port du masque, ainsi que le respect des distances doit être maintenu. Les compétitions et les manifestations demeurent interdites.

  • Privé. Les manifestations privées en extérieur devraient être limitées à 15 personnes. Les manifestations privées demeurent néanmoins limitées à 5 personnes à l’intérieur.

  • Les jeunes. Alain Berset s’est dit sensible à la souffrance psychique des jeunes liée aux restrictions. Les jeunes jusqu’à 18 ans (seulement jusqu’à 16 ans actuellement) pourraient ainsi avoir accès à toutes les activités culturelles et sportives. De plus, les animations pour les enfants et les jeunes en extérieur devraient à nouveau être autorisées.

La suite. Alain Berset a expliqué en ces termes pourquoi les restaurants n’étaient pas concernés par les réouvertures du 1er mars:

«Il n’est pas possible de rouvrir les restaurants alors que, dans le privé, la règle assez strictes des 5 personnes maximum demeure. La question des terrasses a été évoquée lors de la séance du Conseil fédéral de ce matin, mais nous avons tiré les leçons de ce qui s’est passé ces derniers mois. Ainsi, rouvrir les seules terrasses ne garantit pas aux restaurateurs de pouvoir s’en sortir économiquement, surtout en mars, mois à la météo capricieuse.»

La réouverture des terrasses des établissements publics devrait donc se faire au plus tôt le 1er avril. Le choix, contrairement à ce qui a été fait en 2020, est d’étaler les assouplissements de manière mensuelle. Alain Berset:

«Cela permet d’évaluer les effets des assouplissements sur l’évolution de l’épidémie. Cette ouverture progressive devrait également permettre d’éviter un effet yo-yo. Nous annoncerons le 24 mars les nouveaux assouplissements qui seront possibles dès le 1er avril.»

Pour que les terrasses des restaurants, manifestations sportives et culturelles puissent à nouveau accueillir du public à cette date, la situation épidémiologique doit encore s’améliorer. Le Conseil fédéral a définit des critères sur lesquels il basera ces décisions à fin mars:

  • Taux de positivité des nouvelles infections inférieures à 5%

  • Occupation des lits par des patients Covid dans les unités de soins intensifs des hôpitaux inférieure à 25%

  • Taux moyen de reproduction effectif du virus (Re) inférieur à 1 durant sept jours consécutifs

  • Incidence sur deux semaines observée le 24 mars ne doit pas dépasser celle qui sera observée le 1er mars

Ces indicateurs servent de base de décision et ne représentent pas un automatisme.

Les mots de la fin. Guy Parmelin a bien consciences que les annonces du jour vont générer des réactions:

«Certains seront déçus par les décisions prises aujourd’hui. Nous voulons aller de l’avant, mais de manière progressive et lentement. Pour que le tunnel soit un petit plus court, on peut aussi se poser la question de ce qu’on peut faire individuellement pour que la situation continue de s’améliorer.»

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