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La situation dans les hôpitaux zurichois: «pas géniale pour le moral»

(KEYSTONE/Ennio Leanza)

Notre nouvelle newsletter gratuite, le Point Coronavirus vient remplacer pour quelques semaines le Point Sciences. Chaque jour, elle vous livrera infos, témoignages et analyses au cœur des hôpitaux. Ce nouveau rendez-vous quotidien donne la parole aux soignants qui se dévouent sur le front du Covid-19.

Aujourd’hui, je vous invite à retrouver les mêmes soignantes des urgences de l’hôpital universitaire de Zurich et de la station Corona de l’hôpital Triemli que la semaine passée. Elles nous racontent comment la situation a évolué.

Dagmar Keller est cheffe des urgences à l’hôpital universitaire de Zurich (USZ). Elle se libère quelques minutes pour nous raconter ce qui a changé depuis la semaine passée.

«Nous attendons encore la grande vague. Pour l’instant nous constatons une augmentation continuelle du nombre de patients. Il y a beaucoup plus de cas graves qui arrivent aux urgences et qui doivent être hospitalisés. C’est pourquoi nous avons ouvert une deuxième unité de soins intensifs hier après-midi. Elle n’est destinée qu’aux patients infectés du Covid-19. Une troisième est installée et prête à ouvrir si besoin. Même si nous portons un uniforme d’isolation augmenté, avec blouse, lunettes, masques et gants; chaque fois qu’un collègue tousse, on a peur qu’il soit infecté. Mais c’est aussi la saison du rhume des foins et d’autres virus. Il faut savoir rester calme.»

A l’hôpital zurichois Triemli, une infirmière travaille dans la station Corona. Elle a accepté de raconter ce qu’il se passe dans ce département sous couvert d’anonymat (nom connu de la rédaction). A la question de comment elle se sent, elle répond:

«Ça va, mais je suis épuisée. Ici ça chauffe. La station est plus remplie que la semaine passée et l’hôpital a ouvert une troisième unité. Entre-temps on est cinq à six diplômées de soin à nous occuper d’environ trente patients par garde. Nous ne pouvons que prendre les personnes en état critique. La semaine dernière nous étions encore optimistes, maintenant on est réalistes: tous les lits seront bientôt occupés. Chaque jour nous avons un briefing et des ajustements dans nos processus de travail. Nous ne faisons par exemple plus qu’un test par personne. Si il est négatif, le patient rentre directement chez lui. Si la personne est positive et en état critique nous l’hospitalisons. Sinon, c’est la quarantaine à la maison. Nous leur faisons repasser un test après sept à neuf jours pour vérifier.

«Cette situation n’est pas géniale pour le moral. Le personnel soignant ici a des sentiments partagés par rapport aux applaudissements de la semaine dernière. Bien sûr ça a fait plaisir, mais … y avait-il vraiment besoin d’une pandémie pour que les politiques et toute la population comprennent que nous sommes en sous-effectifs, que nos conditions de travail ne sont pas optimales et que nous nous exposons tous les jours à des risques?»

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