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La recherche sur le coronavirus prend du temps, et les déclarations hâtives sont dangereuses

Yuri Samoilov/Flickr/Creative Commons

Voudrait-on mettre la charrue avant les bœufs, en ce qui concerne les traitements pharmaceutiques contre le Covid-19? Dans un édito, Holden Thorp, rédacteur en chef de la revue scientifique Science rappelle que la recherche scientifique prend du temps, et qu’il faut se méfier des promesses thérapeutiques qui reposent sur des bases encore peu solides. «Donner trop d’importance politique à ces approches est extrêmement dangereux, car cela risque de créer de fausses attentes pour le public, et d’épuiser les stocks de médicaments, qui seront alors indisponibles pour leur indication thérapeutique première.»

Pourquoi on en parle. A mots couverts et sans référence explicite, on comprend que Holden Thorp fait écho aux déclarations d’enthousiasme imprudentes de Donald Trump sur les essais menés en France par le biologiste Didier Raoult avec de l’hydroxycholoroquine, pourtant très préliminaires. Les affirmations du président américain ont déjà conduit à la mort d’un homme, ayant ingéré du phosphate de chloroquine utilisée pour nettoyer les aquariums. Le problème, rappelle Holden Thorp, c’est qu’on demande aujourd’hui aux chercheurs de mener de front, concernant le nouveau coronavirus, la recherche fondamentale en même temps que la recherche appliquée. «C’est encore pire que d’essayer de réparer un avion en plein vol. Cela revient à réparer un avion en plein vol, alors que les plans de l’avion n’ont même pas encore été dessinés.»

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