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La police vaudoise sur le qui-vive durant le week-end de Pâques

Des agents de la police de Lavaux (APOL) et de la gendarmerie vaudoise lors d'une patrouille près de Lausanne, le 9 avril 2020. | Keystone / POOL / Reuters / Denis Balibouse

Cet article a été produit dans le cadre du pool mis en place par les autorités vaudoises pour couvrir l'actualité du coronavirus, dont Heidi.news fait partie, avec Keystone/ATS et les journaux membres de l'Association Vaud Presse. Il est publié gratuitement et a été rédigé par Grégoire Silacci, journaliste chez Keystone/ATS.

Le week-end pascal s'annonce très chargé pour les polices du pays. Elles s'apprêtent à multiplier les interventions pour faire respecter les directives sanitaires en lien avec le coronavirus.

Pourquoi on vous en parle. En terre vaudoise par exemple, ce sont exactement 766 policiers qui sont mobilisés 24 heures sur 24 jusqu'à lundi, contre environ 600 pour un week-end habituel. «Nous appréhendons un peu ce qui pourrait arriver», reconnaît Jacques Antenen, le commandant de la police cantonale vaudoise.

«Les gens vont sortir, c'est inévitable», ajoute-t-il, bien conscient que ses troupes devront de se démener pour traquer les regroupements de plus de cinq personnes et rappeler les règles de distanciation sociale.

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Jacques Antenen, commandant de la police cantonale vaudoise. | Keystone / POOL / Reuters / Denis Balibouse

Le chef de la police cantonale craint aussi certains effets collatéraux du confinement:

«Nous voulons par exemple éviter que les gens sortent se défouler sur les routes, notamment les motards.»

M. Antenen cite un autre problème survenu avec le coronavirus: «Une tendance évidente à la délation.» Selon lui, les citoyens sont de plus en plus nombreux à dénoncer des attroupements non autorisés.

Outre la tension que cela peut faire naître dans la population, la délation surcharge la centrale d'appels de la gendarmerie et peut créer un engorgement au niveau des patrouilles, souligne M. Antenen.

Répression. Du côté des policiers engagés sur le terrain, Pâques s'accompagne aussi d'une certaine inquiétude. Jason Dénéréaz, gendarme à la police cantonale:

«On s'attend à devoir beaucoup intervenir auprès de gens qui ne voient pas de mal à se réunir en nombre.»

Son coéquipier de patrouille, Sylvain Joner de la police de l'Ouest lausannois, constate que ce sont les jeunes qui posent le plus de problèmes:

«Pour certains groupes récidivistes, la prévention ne suffit plus. Nous sommes entrés dans la phase plus compliquée de la répression.»

Selon le dernier pointage communiqué jeudi, la police vaudoise a infligé 1312 amendes depuis le 17 mars, auxquelles s'ajoutent 192 dénonciations au Ministère public. Jacques Antenen:

«Plus que jamais, nous appelons la population à adopter un comportement civique.»

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Gendarmerie vaudoise et polices municipales patrouillent ensemble dans le cadre de l'organisation de police intégrée du canton de Vaud.| Keystone / POOL / Reuters / Denis Balibouse

Sites fermés. A noter encore que le canton de Vaud n'a procédé à aucune fermeture de routes cantonales pour Pâques. Sur demande de Neuchâtel, seules les voies d'accès en voiture sur le site touristique du Creux-du-Van ont été bouclées.

Certaines communes ont toutefois pris des mesures pour éviter les attroupements. Yverdon-les-Bains, par exemple, a décidé de restreindre l'accès à la plage et aux Rives-du-Lac.

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