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L’homme-bus de Lausanne et le rôle controversé de la psychiatrie

Martial Richoz à Lausanne en 1984. © Jean-Philippe Daulte

Dans les années 1980, le Lausannois Martial Richoz parcourait les rues de sa ville en poussant devant lui son bus imaginaire. Un chariot à roulette, équipé d’un volant, d’une forêt de rétroviseurs et d’un distributeur de tickets. Cet homme à part, passionné de transports urbains depuis sa «tendre enfance», faisait très bien la différence entre ses fantasmes et la réalité. Devenu sujet d’un documentaire de Michel Etter projeté au Centre Pompidou et d’un article dans Le Monde, il finit par déranger.

Que lui est-il arrivé? Le 10 janvier 1986, Richoz est emmené à l’hôpital psychiatrique de Cery, où il est placé de force «sous le régime de privation de liberté à des fins d’assistance». Un récent ouvrage signé Cristina Ferreira, Ludovie Maugué et Sandrine Maulini aux éditions Georg revient sur cette histoire bouleversante, qui jette une lumière crue sur le rôle normatif de la psychiatrie dans nos sociétés bien comme il faut.

Michel Thévoz, qui dirige alors la «Collection de l’art brut» fondée en 1976 avec Jean Dubuffet, projette le film de Michel Etter chaque jour dans l’institution, qui compte de nombreux dessins de Martial Richoz dans ses collections.

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