| | News

L'enquête indépendante de l'OMS en Chine est-elle entachée par un conflit d'intérêt?

Peter Daszak, le 10 février 2021 à Wuhan, en Chine. | Keystone / EPA / Alex Plaveski

Le zoologiste britannique Peter Daszak est l’un des dix experts étrangers dépêchés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine pour enquêter sur les origines du virus. Il est aussi membre de la commission du Lancet consacrée au même but. Or, il a été un financeur, «un collaborateur et un co-auteur de l’institut de virologie de Wuhan» (WIV), qui est l’une des cibles de l’enquête. A ce titre, il peut avoir une regard partial, accuse par voie de presse Richard H. Ebright, directeur de laboratoire à l'Institut de microbiologie de Waksman. D’autres suggèrent que si le virus avait fuit de ce laboratoire, il en aurait été terminé de la carrière de M. Daszak. Cette thèse a justement été la seule expressément écartée dans les premières conclusions présentées mardi 9 février par l’équipe internationale estimant qu’il est «extrêmement peu probable» que le virus provienne d’un laboratoire. Dans ce contexte, que penser de la controverse autour de la présence de M. Daszak? Conflit d’intérêt? Choix maladroit de l’institution onusienne?

Pourquoi c’est dérangeant. Peter Daszak préside l’ONG new-yorkaise EcoHealth Alliance spécialisée dans les zoonoses et la détection de nouveaux agents pathogènes dans la nature et la prévention de leur transmission. Ses équipes sillonnent notamment les grottes du sud de la Chine et de l’Asie du Sud-Est pour repérer de nouveaux coronavirus. Elles travaillent dans une trentaine de pays avec des institutions locales, dont celle de Shi Zhengli, la «Batwoman» du laboratoire de virologie de Wuhan. Avec elle, Peter Daszak a cosigné une vingtaine d’articles scientifiques, dont un encore en août 2020 sur l’origine et la transmission entre espèces du coronavirus issu d’une chauve-souris.

En outre, le Britannique a co-financé l’institut de virologie de Wuhan (WIV), grâce à des fonds américains, pour ses recherches dites de gains (qui visent à augmenter la contagiosité des virus). L’administration Trump avait suspendu de manière abrupte en avril 2020 les subventions de recherches accordées par l’Institut américain pour la Santé (NIH) à cause justement des liens entre l’ONG et le WIV, conditionnant par la suite la reprise des financements à un accès à des bases de données du laboratoire de Wuhan.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous

Heidi.news sur Telegram, chaque fin de journée, recevez les articles les plus importants.
Inscrivez-vous!

Lire aussi