| | Radar

«Il faut laisser Didier Raoult en paix», réclament 200 médecins du Sud-Est de la France

Médecin infectiologue de formation, le Pr Didier Raoult a fondé et dirige l'IHU Méditerranée-Infection depuis 2015. | Keystone / AP / Christophe Ena

Tribune contre tribune. Quelques jours après une tribune de médecins et scientifiques contre la «fraude scientifique», clairement dirigée contre les pratiques de l’IHU Méditerranée-Infection et de son directeur, Didier Raoult peut désormais compter ses soutiens – et ils sont nombreux. L’homme politique et médecin Renaud Muselier, président (Les Républicains) de la région Paca et ami de longue date du biologiste marseillais, appelle à «laisser Didier Raoult en paix» dans une tribune parue le 11 septembre dans Le Figaro. Signée par environ 200 médecins* de la région méditerranéenne, et alors que le territoire connaît une résurgence inquiétante de Covid-19, elle dénonce «l’acharnement» contre «ce chercheur dont le tort principal [serait] d’être un Marseillais trop souvent en désaccord avec l’opinion dominante à Paris».

Pourquoi c’est intéressant. Avec ses prises de position tonitruantes et sa défense opiniâtre d’un traitement très controversé, Didier Raoult s’est mis à dos une bonne partie de l’élite hospitalo-universitaire et scientifique française, au point de voir sa propre société savante porter plainte contre lui auprès de l’Ordre des médecins. Mais le biologiste, à la carrière aussi prolixe que le verbe, peut compter sur de nombreux soutiens locaux. Parmi les signataires figurent ainsi le président du conseil régional de l’Ordre des médecins de Paca ou encore le doyen de la faculté de médecine de Marseille – aucun infectiologue ou épidémiologiste, en revanche. Par-delà la question sanitaire, cette contre-tribune déploie une rhétorique que le Pr Raoult n’a lui-même jamais hésité à mobiliser: Marseille contre Paris, la province contre les élites de la capitale. Ou quand l’efficacité d’un antipaludique se transforme en fracture politique.

* [Mise à jour au 16 septembre 2020.] Des médecins figurant dans la liste des signataires ont signalé avoir été inscrits à leur insu. Deux noms ont été retirés après publication et le site médical Egora évoque «une dizaine» de médecins d’une même clinique qui auraient été ajoutés sans avoir été consultés au préalable.

link

A lire dans Le Figaro

Sortir de la crise, la newsletter qui aborde les enjeux de la sortie de crise selon une thématique différente

Lire aussi