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La santé relève de l'intimité. L'Etat doit s'y montrer discret, il n'a pas à décider pour nous

Céline Amaudruz

Nous avons demandé aux parlementaires romands, membres de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique, de livrer leurs priorités en matière de santé pour la nouvelle législature. Ces opinions sont publiées gratuitement pour alimenter le débat public auxquels vous êtes, lectrices et lecteurs de Heidi.news, conviés. Réagissez, partagez, commentez. Aujourd'hui, Céline Amaudruz, conseillère nationale UDC genevoise.

Tout d’abord, il convient d'aborder le problème des coûts de la santé avec une certaine humilité, parce qu’il existe des tendances fortes contre lesquelles il sera difficile d'agir durant la nouvelle législature. La première, dont nous pouvons nous réjouir, même si elle a un prix, c'est le fait qu'on guérit aujourd'hui de maladies qui étaient encore mortelles hier. La seconde, l'allongement de la durée de vie, relève de la même logique. Mais nous aurons tout de même des moyens pour agir, notamment en limitant l'emprise de l'Etat.

Le rôle du patient. Le catalogue des prestations remboursées par les assurances maladie ne cesse d'enfler alors que seuls les soins de base devraient y figurer, les prestations de confort relevant du choix de l'assuré qui doit pouvoir exercer son libre-arbitre. Le patient est un élément de la chaîne de soins, il a un rôle à jouer quant au choix des traitements dont il souhaite bénéficier. Pour lui permettre d'exercer ses prérogatives, il est essentiel qu'il ait réellement l'opportunité de donner son avis, notamment au niveau des établissements de prise en charge. La concurrence est essentielle pour garantir la qualité des prestations.

Le patient portera naturellement son choix sur l'institution qui lui propose la meilleure prise en charge. Je suis convaincue que c'est bien la qualité du traitement qui constitue le critère déterminant et non l'endroit où le prestataire de soins se trouve. Il y a donc lieu de promouvoir les centres d'excellence qui seront motivants pour les spécialistes qui pourront exercer leur art dans les meilleures conditions, notamment quant au nombre de patients.

Le remboursement des prestations au forfait contribuera à élever la qualité de la prise en charge, le gain réalisé par le prestataire dépendant de l'efficacité de l'organisation dont il fait partie.

L’effet positif des partenariats. Dans ce cadre, il convient de favoriser les partenariats public-privé afin d'éviter les doublons.

  • C'est bien la qualité des soins qui prime, non le fait de savoir si le prestataire relève du public ou du privé.

  • La transparence au niveau des coûts et de la qualité des soins doit être améliorée, de façon à permettre au patient de prendre ses décisions de manière éclairée.

  • Je suis également en faveur de la liberté contractuelle entre les prestataires et les assureurs maladie. Les premiers qui pourraient avoir tendance à forcer sur la facture seront bien vite écartés et ne pèseront plus sur l'ensemble des assurés. De l'autre côté, les assureurs auront intérêt à offrir une large palette de prestataires, ils n'en refuseront qu'une minorité.

Cela élargira les options offertes au patient qui pourra choisir une assurance meilleure marché en acceptant de limiter son choix au niveau des prestataires à qui il souhaite faire appel. Le même principe concerne également la franchise que l'assuré choisit en fonction de son mode de vie et des risques qu'il prend.

e-Health. En parallèle aux éléments évoqués, je milite pour une mise en œuvre rapide du dossier électronique du patient.

Il n'est pas tolérable qu'un même examen soit mené à plusieurs reprises parce que les informations n'ont pas été transmises.

La question de la protection des données reste une préoccupation de chaque instant, mais je crois pouvoir dire que la technologie offre aujourd'hui une sécurité suffisante pour nous engager dans cette voie.

La prise en charge du patient y gagnera dans la mesure où le médecin disposera d'emblée de données dont il a besoin sans avoir à attendre le résultat d'un examen.

Appel pour un Etat plus discret. Pour conclure, je souhaite placer la responsabilité individuelle au centre du débat, veillant à ce que chaque acteur de la santé bénéficie d'une marge de manœuvre aussi large que possible, le patient étant la clé de voûte du système. La santé relève de l'intimité. L'Etat doit s'y montrer discret, il n'a pas à décider pour nous.

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