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Humanitaire: comment Covid et insécurité compliquent la lutte contre le noma

Enfants à la maison de Zinder, Niger. | Fondation Sentinelles

En Afrique de l’Ouest, pandémie et détérioration des conditions de sécurité font le lit du noma, une maladie grandement liée à la pauvreté et à la malnutrition. Ce contexte complique le travail des différents acteurs, suisses notamment, impliqués dans la lutte contre cette maladie.

Pourquoi on vous en parle. Universitaires, médecins, associations: les professionnels impliqués dans la lutte contre le noma sont nombreux en Suisse romande. Et comme pour beaucoup d’acteurs de l’humanitaire, l’année qui s’est écoulée a bouleversé leurs activités avec des répercussions pour les patients qu’ils accompagnent, au Burkina Faso et au Niger notamment.

Covid-19 et l’augmentation des conflits armés dans plusieurs pays de cette région ont provoqué une montée de la pauvreté et une dégradation de l’accès aux soins pour des populations souvent déjà dans une grande précarité. Des conditions particulièrement favorables au développement du noma chez les jeunes enfants, déplore Marlyse Morard, directrice de la Fondation Sentinelles:

«Notre centre situé à Zinder au Niger a reçu, en 2020, 60 nouveaux cas alors que nous n’en avions traités que 45 en 2019. Dans les régions les plus concernées par les exactions des groupes armés, les villageois ne peuvent plus cultiver leurs terres, leur bétail est volé et souvent ils n’ont d’autre choix que de quitter leur village. Les déplacements de populations sont de plus en plus importants.»

Les conditions de vie dans les sites accueillant ces réfugiés pourraient aussi contribuer à une augmentation des cas de noma, et pas uniquement chez les enfants, pointe Valérie Chatel, présidente de l’ONG française Vaincre Noma:

«Le noma touche habituellement les tout-petits, plus vulnérables, mais nous avons dû prendre en charge l’année dernière une adulte de 45 ans du district de Djibo.»

L’inquiétude de Bertand Piccard. Explorateur, mais aussi médecin, Bertrand Piccard s’est engagé dans la lutte contre le noma il y a plus de vingt ans, en créant la fondation Winds of Hope puis la Fédération No noma. Il dit de la maladie:

«Le noma quand on ne l’a jamais vu, on ne peut pas imaginer que ça existe, et quand on l’a vu, on ne peut plus jamais l’oublier.»

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