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Francis Waldvogel: «La science essaie d’approfondir, mais peine à répondre aux grandes questions»

Francis Waldvogel à son domicile en banlieue de Genève (28 mai 2020). | Heidi.news

Patron de la médecine interne aux HUG jusqu’en 2001, ancien président du Conseil des EPF et du Novartis Venture Fund, le médecin genevois Francis Waldvogel est une voix singulière en Suisse et un esprit à vocation universelle, dont les passions vont du piano aux staphylocoques, en passant par les humanités ou… les pipes, qu’il collectionne. De sa retraite à Genève, il vient d’écrire Tableau de la vie, un essai de culture scientifique et d’ontologie mêlées. Il nous a reçu dans son bureau parsemé de livres pour «échanger» – le mot est de rigueur – sur sa vision du monde. Conversation.

Heidi.news — Votre livre tourne autour de la notion d’échange. Comment résumeriez-vous son propos?

Francis Waldvogel — Échanger, c’est être. Ça, c’est la version très courte. [Rires.] Ma vision c’est qu’on peut aider le lecteur à faire un nouveau voyage à travers la nature, le monde vivant mais aussi inerte, et au lieu de le voir comme un monde d’objets, le voir comme un monde d’interactions. C’est une vision qui semble originale, mais au 21e siècle, c’est celle que nous apporte la science. Nous voyons les choses comme statiques, mais la science permet d’aller au-delà des sens et nous montre que les choses bougent sans arrêt. Lorsqu’on essaie d’exploiter cette idée, on se rend compte qu’on peut aller jusqu’au niveau atomique, subatomique, idem pour la cellule et les êtres vivants, et qu’il n’y a que des échanges. À force d’avoir des expériences humaines enrichissantes, je me suis rendu compte que ces échanges étaient aussi ce qui faisait l’essence de nos sociétés, de notre vie, de nos sentiments.

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